Toutesles familles ont leurs histoires, leurs secrets, leur drame. Cettecomplexité intergénérationnelle est dure à cerner, à retranscrire.Pourtant, Patrick Gale s'y emploie merveilleusement bien dans Tableaux d'une Exposition.
RachelKelly, artiste peintre reconnue meurt un après-midi dans son atelier.Evénement commun comme il en arrive dans toutes les familles, toutesles secondes de chaque jour. Mais cette femme, qui reste un mystèreentier pour son mari et ses propres enfants, qu'a-t-elle laisséderrière elle ?
Un passé. Plutôt deux passés. Un passé avant larencontre de son mari Anthony et un passé d'artiste, de mère de familleet surtout de maniaco dépressive. Un premier passé qui a une grandeinfluence sur le deuxième, mais qui n'est connu que de Rachel Kellyelle-même. La vie de famille est rythmée par la maladie de Rachel, seshauts et ses bas, aussi extrêmes les uns que les autres, lesdépressions post-natales et les tentatives de suicide, ainsi que lespeurs suscitées chez chacun des enfants : Garfield, Morwenna, Hedley etPetroc.
Patrick Galeétablit au gré de flashbacks et d'une omniscience totale, lapsychologie de chacun de ces personnages marqués différemment par lapersonnalité de leur mère. Les histoires s'enchevêtrent dans le temps,dans l'espace, les personnages se croisent, se recroisent, évoluent,redeviennent enfants. Le mystère est intacte, omniprésent, mais chaqueparagraphe compte pour le lecteur qui apprend à comprendre comment unévènement peut avoir un tel impact sur une vie entière.
Chaqueenfant est devenu adulte à sa manière, et porte une cicatrice ou uneplaie encore ouverte, qui constitue une partie de leur personnalité.Leur mère est une figure centrale qui à la fois, les terrorise, leshante, les attriste. Mais cela n'empêche pas la famille d'avoir vécudans un cocon ; Rachel Kelly était peu conventionnelle, effrayante maisaimait à sa façon son mari et ses enfants, quand sa maladie le luipermettait. Le mari Anthony est une figure que l'on admire, tant poursa générosité d'avoir pris soin de cette femme qui ne pouvait donnerbeaucoup d'instants joyeux, que pour sa patience et pour l'amour qu'illui a donné, tout au long de sa vie.L'art estaussi le thème récurrent de l'œuvre, et fait partie intégrante dupersonnage de Rachel ; sa créativité serait-elle liée à sa maladie ?Patrick Gale décrit ses peintures comme une poésie visionnaire : descouleurs chatoyantes, une imagination sans limites. L'art semble êtreune échappatoire, gage de liberté d'expression d'un esprit pas commeles autres.
Ce livre retrace les différentes périodes de vie d'unefamille, qui à la fin se regroupent pour former une réponse, une clé dumystère de Rachel Kelly. Une des sources d'inspiration du personnage,est le peintre écossais Graeme Craig-Smith, qui était maniacodépressifet finit par mourir de sa maladie. Le titre est bien choisi, PatrickGale nous peint des tableaux, des portraits qui une fois regroupésforment un ensemble uni définissant non pas l'art de Rachel Kelly, maisle personnage. Valérie De Marchi Tableaux d'une exposition, de Patrick Gale, chez Belfond.
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A propos
Femme Né le : 16 février 1988 Centres d'intérêt :
Site perso : http://www.aucoindulivre.fr Ville : Clermont-Ferrand Département : PUY DE DOME Région : Auvergne Pays : France Statistiques
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Le Blog de aucoindulivre
27 juillet 2009
Tableaux d'une exposition, Patrick Gale
17 juillet 2009
Lettre d'une inconnue, Stefan Zweig
La passion est un sentiment qui traverse le temps, les époques, les générations, l’espace… Il fait aussi partie de ces sentiments qui régissent, conduisent, poussent les hommes à agir en omettant le raisonnable.
Dans Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig nous livre un magnifique exemple d’une passion dévorante et auto-destructrice. Un jeune homme reçoit une lettre d’une jeune femme où elle lui dévoile son amour viscérale pour lui depuis qu’elle a treize ans. Cette lettre, c’est une confession, un cri de désespoir pour se faire reconnaître: “je veux te révéler toute ma vie, cette vie qui véritablement n’a commencé que du jour où je t’ai connu.Auparavant, elle n’était que trouble et confusion, et mon souvenir nes’y replongeait jamais;“. Car cet homme, pour qui elle s’est sacrifiée toute sa vie, l’a rencontré trois fois, mais l’a prise pour trois personnes différentes et l’a oublié aussitôt chaque lendemain de leur nuit d’amour. Le fruit,de ce qu’elle pense être une histoire d’amour et qui s’avère être qu’une banale aventure pour lui, est un enfant. Elle n’a que lui à quise raccrocher, et elle le fait éperdument, car c’est une partie de cet homme qu’elle a réussi à extirper.
Seulement, l’enfant tant chéri par sa mère en détresse est aujourd’hui mort. A bout, elle ne peut qu’avouer ce fardeau, cette obsession qui la consomme depuis son enfance. Malgré cette histoire plus que tragique qui reprend vie au fil des pages, on espère, on veut croire que l’homme va la reconnaître. Le récit est éprouvant, haletant, on subit sans répit le fanatisme presque religieux de cette femme pour cet homme, dont seul la mort la délivrera. Une nouvelle terriblement romantique, même si il est question de sacrifice, d’abandon de soi dans le seul but d’être au moins une seule fois dans les bras de l’être aimé. |
