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A propos
Un blog happy pour les gens happy qui veulent mourir.
Né le : 17 novembre 1983 Statistiques
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Le Blog de flyer
10 décembre 2009
Et si on se foutait de l'écologie ?
Super l'écologie. Super la bulle. On va sauver le monde en triant les bouteilles de lait et les bouteilles de bière. Pendant que les entreprises frétillent de ce nouveau thème sur lequel communiquer, que les agences rajoutent une ligne sur leur devis et que les médias se fendent d'émissions débat pendant que tout le monde s'en fout : moi, je me retrouve devant mes poubelles à taper sur un sac dégueu pour le faire rentrer dans le minuscule bac jaune pour les canettes et les boîtes de céréales.
Un tabac pour "Home", un four pour le "Syndrôme du Titanic". L'écologie, c'est sympa en format carte postale. Joli et pas compliqué. En creusant un peu la cause économique et politique, tu fais chier tout le monde. Parce que personne est prêt à arrêter de mater Twilight en Blu-Ray pour l'hypothétique bien-être des enfants du futur flippant. D'autant plus quand on t'explique que la surpuissante Chine prête à déferler sur le monde ne fait aucun effort, que les US se disent globalement que ça le fera pas et quand tes potes te transfère des PowerPoint où t'apprends esbaudi que les vaches qui pètent niquent la couche d'ozone. ![]() La grippe A est cachée dans un buisson en face de ta porte, prête à faire exploser tes poumons dès que t'iras acheter du ketchup, alors l'avenir du monde en vert, les gens ils sont d'accord que c'est bien mais tu pourrais arrêter de leur casser les couilles avec, s'te plaît ? Ca fait 20 ans que tout le monde se branle des Pandas, c'est pas aujourd'hui qu'on va sauver ton arrière petit fils. Déjà que ton fils tout court payera pas ta retraite. Et si ça se trouve, ce sera un con. Genre la catastrophe pour la planète. Tu comprends, c'est pas que pour l'humanité, c'est l'écosystème tout entier qu'on met en péril. La nature est douce et nous sommes cruels. Nous épuisons la biomasse pour construire des iPhones et elle ne s'en remettra jamais. On va éteindre la vie sur Terre tu vois ? ![]() Ce serait jamais que la 9e fois que ça arrive depuis la création du monde. La sauvegarde de la Terre ou l'onanisme de l'humanité pour l'humanité. La prise de conscience de quoi ? Du fait que la vie met la vie en péril ? Que la vie nait dans un équilibre précaire qu'elle modifie continuellement jusqu'à se mettre en danger. Une leçon profonde, t'as vu... Très complexe, vraiment... 3 millions d'années d'évolution pour se rendre compte d'un truc que les algues de la soupe originelle savaient déjà. ![]()
18 novembre 2009
Mentalité Casimir
La semaine dernière j'étais à la préza de Modern Warfare 2, c'est-à-dire Call of Duty 6, c'est-à-dire le blockbuster numérique de cette fin d'année, en plus ça pourrait être bien mais là n'est pas la question.
Les mecs qui organisaient avaient tout compris aux journalistes. Tout commençait par un open bar / buffet dans un pub près des Champs Elysées. Y'avait deux pauv' bornes d'essai dont tout le monde se foutait et de l'alcool à gogo. L'essence profonde du journalisme geek : celui qui est né en 1992 dans les soirées pizza / bière / street fighter 2 turbo et qui mène l'art par le bout du nez aujourd'hui. Oh, j'allais oublier les meufs en treillis avec leur nombril à l'air. 2 heures de ça puis 30 minutes de queue pour récupérer le jeu à la Fnac d'à côté qui beuglait du Hans Zimmer dans la rue. C'était pas la classe mais j'étais bien accompagné.
Quand je vois se dérouler ce genre d'opérations marketing à gros talons, ma foi dans le marketing online s'amplifie démesurément. Bien utilisé, c'est la mise en relation directe, ludique et servie sur un plateau du produit et de sa cible, sans lécher la couenne des so-called "influenceurs". Influenceurs de quoi ? Des 5 000 VU / mois qu'enregistrent leurs blogs ? Si les marketeux connaissaient mieux leur média, ils ne donneraient pas l'occasion aux "élites" de la "blogosphère française" de faire briller leur médiocrité sous les projecteurs. Ouais je suis une langue de pute. Pas étonnant que le Community Manager soit de plus en plus mis en valeur. C'est lui le réel influenceur, le véritable interlocuteur entre les peuplades du Web et les produits. Il a l'oreille de sa communauté et, s'il n'en a pas toujours le respect, il en a la confiance. C'est lui qui sait rediriger le projo au bon endroit plutôt que de brailler dans sa lumière en suant. Comme d'hab quoi... le vieux débat sous de nouvelles fringues : l'information ou la mise en scène de l'information. Après, j'ai rien contre les blogueurs, j'aime les blogueurs, j'aime les opinions gratuites, les analyses dans son coin, les petits bouts de soi qu'on envoie au grand dieu Web. J'aime la façon dont ils (nous, eux) défendent avec la ferveur d'un prophète une théorie, un film, le décryptage d'un morceau du mystère du Grand Bordel Mondial qu'ils croient avoir percé à jour. La façon dont ils (toi, moi) s'oublient dans une harangue de style et de conviction alors qu'au fond, comme tous les artistes, ils ne parlent que d'eux-mêmes. Défendre quelque chose d'extérieur c'est protéger ce qu'on ressent soi-même. Se fondre dans un truc auquel on croit. L'incarner. Se caractériser. ![]() Multiplier cette démarche. Jusqu'à devenir un aggloméré de n'importe quoi. Pouvoir tout dire. Savoir s'adresser à tout le monde, mais en avoir plus rien à foutre. ![]()
29 octobre 2009
Blogging about my generation
Comme un gros malin, j'aime bien faire des généralisations à la sauvette. Quelques sentences à vocation définitive, style je-sais-de-quoi-je-parle, style on-me-la-fait-pas, style j'ai-connu-ta-mère. Je me disais, j'ai qu'à dresser le portrait du jeune de la génération Z (la prochaine ce sera la Génération A Super Prime Turbo, à la Street Fighter), la race des kidz nés sur Internet qui maniaient la souris avant le stylo. En voilà un défi qui fait tourner le cerveau de tout le monde dans le vide, un argumentaire utilisable n'importe comment, pour soutenir la dictature des fascistes du web ou le mythe de la démocratie psycho-optimiste qui va sauver le monde grâce à l'informationnalisme du réseau des réseaux des réseaux des réseaux qui te permet de partager des informations politiques cruciales sur Jean Sarkozy avec ton oncle sur LinkedIn.
Je...Suis... ![]() Je suis l'engeance. J'ai ton âge divisé par 2 et j'ai déjà plus d'expériences sexuelles. Le 11 septembre 2001 ne représente rien pour moi sauf un vague souvenir d'enfance et une impression d'hystérie collective. Je vois mon avenir professionnel sous la forme d'une enfilade de contrats de 5 ans maximum et ça ne me stresse pas. Je me cogne de l'utilisation de mes données par des entreprises parce que la protection de la vie privée sur le réseau n'intéresse que des péquenauds qui ne savent pas s'y organiser ou d'autres nazes qui s'y trouvent une conscience politique. La pub traditionnelle me passe au dessus de la tête et les flash transparents me feront quitter votre site sauf si je peux y trouver des torrents ou du porno. La crise de la presse papier m'intéresse autant que mes peaux mortes. La crise de la presse Web pareil. Je lis mes infos d'un blog à l'autre, au détour de mon newsfeed Facebook et des liens qui me tombent dessus. Je ne vais pas chercher l'info, elle m'est amenée automatiquement selon mes intérêts. Je me sers aussi en priorité de mes réseaux pour me cultiver. Le bouche à oreille est la seule publicité qui me touche. Mes potes me parlent de livres, je leur parle des films que je télécharge gratos ou que je vois au ciné avec ma carte illimitée. Parce que je ne paye que pour la profusion, la qualité gratuite se trouve partout. Je n'ai pas besoin d'éthique, je n'ai pas besoin de déontologie, je n'ai pas besoin de politique. Ces valeurs représentent poussière et passéisme à mes yeux. Je ne cherche pas à m'accomplir en tant qu'individu, c'est vain et vaniteux. J'accepte ma multiplicité et je l'exprime. Voire j'en suis fier. Voire tu me fais pitié si tu te plains de l'échec de la démocratie ou de tout autre projet Homme tout droit branlé dans ton cerveau arriéré. Et je suis drôle surtout, toi t'es sérieux. Va mourir dans ton 20e siècle. ![]()
02 octobre 2009
Le webmarketing c'est comme un double volte-face
Y'a un truc que j'ai remarqué chez tous les gens que je connais qui travaillent sur le Web : c'est qu'aucun n'a choisi sa carrière. L'internet il choisit ta carrière pour toi.
Un jour tu fais des études, t'obtiens des 10,01 aux partiels et t'encadres ton Master pour décorer les toilettes. Le lendemain, au détour d'un site où tu scotches ou bien d'un gars en contact avec le pote d'un mec du-dit site où tu scotches, tu te fais proposer un job totalement vague pour lequel on t'assure que t'es la personne qu'y faut. Le titre du job est un truc anglais que tu comprends pas et que t'as jamais entendu, mais 1 an plus tard, tout le monde en cherche, tes potes te considèrent comme le pionnier du monde nouveau et tu fais figure d'expert dans ton domaine. Mais tu comprends toujours pas l'intitulé de ton taff. ![]() C'est la Web, quoi... Moi j'ai gentiment dérivé du Webjournalisme sans carte de presse au Webmarketing sans drogues de synthèse. C'était pas des taffs si différents - d'un côté tu fais des blogs en te pâmant des avancées technologeeks appliquées aux art de divertissement (Mp3 ouh la la !) - de l'autre tu fais des slides en giclant du World Wide Reve sur des clients qui découvrent le web2 avec Facebook. Finalement, j'ai atterri dans une régie publicitaire. Rétrospectivement, cet enchaînement hasardeux camouflerait presque un plan de carrière : suivre l'argent. D'aucuns lieraient ce penchant pour l'argent à mes cheveux bouclés et mon nez prononcé, je préfère penser qu'avoir été élevé par "Salut les Musclés" puis lire "La Société du Spectacle" 20 ans plus tard devant un écran plasma géant n'est pas totalement fortuit. Nous y voilà donc. Quand certains disent "Je travaille dans la Pub", "Je travaille dans la Presse", "Je travaille dans le Social", il existe toute une partie de la population qui sans l'avoir voulu plus que ça "travaillent dans le Web". Sans distinction. L'espèce de sable mouvant où demain tu pourrais te retrouver à faire complètement autre chose sous le même intitulé. Tu fais quoi ? Des trucs sur un site. Et c'est bien ? Je sais pas... Je protège des forums ados des attaques de pédophiles, mais l'argent gagné par le groupe qui détient notre site et tous ses concurrents est réinvesti dans l'envoi de grenades pour les guerres civiles Africaines. C'est qui eux, déjà.. ? C'est Google ou c'est Apple ? Je sais pas. Je bosse de chez moi. ![]()
30 septembre 2009
C'est comme de tourner la tête dans tous les sens sans voir où est la blague
C'est genre le 11e blog que j'ouvre de ma vie. Alors pour fêter le deuxième "1", je me suis dis "autant revenir au site originel".
Back in 2004, le Web avait une autre tête. On sondait encore Google pour apprendre à référencer, le community management prenait du galon dans l'obscurité webmédiatique, le webmarketing se réduisait à des sites en Flash et des jeux concours, personne te demandait jamais de monétiser ton réseau d'amis... D'ailleurs ils étaient sur ta carte SIM tes potes, ou sur Myspace. Back in 2004, peut-être que les sites marchaient un peu plus à la notoriété. Peut-être qu'on traversait une phase de modernisation, l'émergence d'un business model un peu crédible qui ferait du Web le réseau de crevards qu'on connaît tous aujourd'hui... Alors attends, je t'arrête deux secondes. Tu pourrais penser que je me tape une phase à la "c'était mieux avant", mais non. J'veux dire, Finkelkraut a beau ne pas briller par la suprématie de son intelligence, tu peux te rendre compte qu'un paquet de bouseux qui hurlent au scandale quand Alain lâche que le Web c'est "l'instrument du n'importe quoi", ça fait pas rêver tellement plus.
Encore heureux que c'est le n'importe quoi. L'expression immaculée de la plurarchie. Ouais, j'cite Foucaud j'suis un dingue. Genre c'est un mal. Genre si tu sais plus sur quel site tu lis une info ça te gâche ta journée. Genre t'as besoin qu'on te colle des gros stickers "ECRIT PAR UN JOURNALISTE" au cas où t'es trop con pour piger qu'on te bourre la tête. Genre tu fais gaffe. Genre t'as une éthique. Une déontologie ? C'est pour mettre dans l'anus ? Ah non, pas moi, merci monsieur. Genre t'as peur des mots. Tu t'offusques pour le plaisir de t'offusquer. Tu crées un blog. Puis t'en crées dix. Tu deviens connu sur le Web. Y'a des blogueurs qui savent ton pseudo, qui commentent tes articles. Tu les as vus en vrai, tu les a trouvés cons. ![]() Et pourtant tu restes sur ce média freestyle qu'est la Web. Parce que derrière les mots, derrière ces millions de phrases que t'as déjà lues, les prédictions d'abrutis que t'as vues se réaliser, les génies qui avaient tort, les évolutions que personne avait vu venir. Malgré le fait que tu sais pas d'où vient tout ce pognon qui semble jaillir par les emplacements pubs des sites que tu visites à chaque connexion, malgré ta flippe quand les pubs commencent à t'appeler par ton prénom pour acheter des trucs dont t'as parlé hier à ta mère, malgré tous tes cookies qui te trahissent, tous ceux que tes potes font traîner n'importe où et tous les pixels chelous implémentés sur des milliers de sites qui traquent ton surf pour t'inclure dans des datas Excel : il reste le nawak. Y reste les saloperies borderline de /b/, y reste Xkcd et les blagues de cimetière de Cyanide & Hapiness, y reste des gens brillants, il reste des sites que tu sais pas pourquoi. Il reste Twitter, mais tu diras à tes potes qui trouvent ça nul que c'est à cause de leurs followings qui craignent, tu compareras ça à un RSS amélioré en faisant semblant d'avoir de tout temps utilisé un RSS. Il reste des forums avec des photos de bébés, des communautés d'addicts sexuels au mohair, des profils Facebook ouverts au monde entier, des volontés un peu désuètes de légiférer ou de faire du pognon. Il reste une définition de toi par le réseau. Une façon de se trouver soi-même à travers le net. C'est comme de tourner la tête dans tous les sens sans voir où est la blague. Mais c'est toi la blague. ![]() |
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Back in 2004, peut-être que les sites marchaient un peu plus à la notoriété. Peut-être qu'on traversait une phase de modernisation, l'émergence d'un business model un peu crédible qui ferait du Web le réseau de crevards qu'on connaît tous aujourd'hui... Alors attends, je t'arrête deux secondes. Tu pourrais penser que je me tape une phase à la "c'était mieux avant", mais non. J'veux dire, Finkelkraut a beau ne pas briller par la suprématie de son intelligence, tu peux te rendre compte qu'un paquet de bouseux qui hurlent au scandale quand Alain lâche que le Web c'est "l'instrument du n'importe quoi", ça fait pas rêver tellement plus.

