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  <title>GuillaumeMtp</title>
  <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/</link>
  <description><![CDATA[]]></description>
  <language>fr</language>
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   <title><![CDATA[La maison dans les blés, Jean-Christophe POL]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/maison-jean-christophe-1305753.html</link>
   <pubDate>Sat, 10 Oct 2009 12:00:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[La maison dans les blés, Jean-Christophe POL Un homme est si seul au beau milieu de son quotidien. Un artiste peintre quitte sa famille, quitte la noria des expositions et la solitude de son atelier pour se retrouver dans une maison isolée, achetée sur internet. Dans cette campagne si vivante, il fera connaissance de la troublante Lucie. Elle le ramènera à la source de sa inspiration. Une BD d'une grande sensualité, une très belle histoire mise en valeur par la narration et le trait noir et blanc de Jean-Christophe POL. Un hymne à la redécouverte de nos désirs et de nos créativités.]]></description>
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   <title><![CDATA[Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/tigres-marie-robles-1305751.html</link>
   <pubDate>Thu, 08 Oct 2009 12:05:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[Là où les tigres sont chez eux , de Jean-Marie Blas de Roblès Zulma, 2008 Foi de bibliomane, je me suis régalé !! Dans une langue riche, ce texte fait naviguer entre le Brésil actuel et l'Europe du XVIIème. On découvre et on suit tour à tour un journaliste un peu désabusé, une italienne mystérieuse, un jésuite surdoué et touche-à-tout, une étudiante à la dérive, une paléontologue en questionnement, une tribu amazonienne inconnue, un jeune infirme des favelas assoiffé de vengeance, un perroquet allemand, un gouverneur puant, des camionneurs philosophes... Une grande galerie de personnages, un auteur plus que cultivé, des fragments d'histoires qui se lient peu à peu, j'ai eu du mal à décrocher... Il fait partie de ces livres qui ont une présence, et que l'on peut aimer à garder fermé sur sa table de chevet une fois finis, juste quelques jours, pour en ressentir encore les vibrations.... (non, non, je n'ai pas fumé :-) &#034;Ce n'est pas impunément qu'on erre sous les palmiers, et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux &#034; - Johann Wolfgang von Goethe, Les affinités électives]]></description>
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   <title><![CDATA[Une rentrée épidémique]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/rentree-epidemique-1305743.html</link>
   <pubDate>Wed, 07 Oct 2009 10:51:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[En ces temps grippaux, il est bon de se souvenir que nous ne sommes que de faibles êtres face à la maladie. Sujet, objet ou simple contexte, il n'y a rien de tel qu'une bonne épidémie pour libérer les émotions et catalyser des rapports humains. Et comme nous allons être bientôt confinés chez nous, autant s'équiper d'une bonne documentation : Le Fléau , de Stephen King Autant débuter par le pire ! Suite à une malencontreuse erreur de manœuvre dans un laboratoire ultra secret, l'humanité est réduite de manière drastique en moins de temps qu'il n'en faut pour éternuer. Un petit groupe de survivant parcourt les routes désertées à la recherche d'une figure mythique qui les sauvera face à la noirceur du Mal. Malgré quelques longueurs, le maître de l'angoisse nous entraîne dans un récit haletant. A ne pas lire le soir... La Peste , d'Albert Camu s La reine des épidémies, qui au temps de sa grande forme a décimé une bonne partie de l’Europe, reste bien présente dans l’inconscient littéraire de nombreux auteurs. Imaginant une épidémie coupant du monde une grande ville moderne, Albert Camus nous livre un récit fortement allégorique, où l’humanité des personnages est omniprésente. Durant un été torride se mèlent le courage ou la lâcheté, le désespoir ou la force de caractère. Le vécu intime est au premier plan de ce récit. A lire une nuit de canicule… Les pestiféré s, dans Le temps des amours , de Marcel Pagnol Une histoire dans l’histoire. Comment durant la peste de l’été 1720, un groupe de marseillais réussit à quitter la ville cadenassée. Situations cocasses ou morbides, langage imagé, l’espoir de vivre unit ces êtres et les pousse vers la fuite. A lire avé l’accent… Pars vite et reviens tard , de Fred Vargas Toujours la peste. La mort noire est maintenant proche. Nos portes sont marquées d’un signe mystérieux. Menace ? Protection ? Un crieur public annonce le retour de l’épidémie dans Paris. Des morts suspectes sont mises à jour. Le commissaire Adamsberg, personnage récurrent des polars de Fred Vargas, se laisse guider entre folies et craintes humaines. A lire au milieu des pigeons parisiens… Le hussard sur le toit , de Jean Giono La peste n’a pas le monopole des destructions massives, le choléra est aussi un bon pourvoyeur de cercueils. Jean Giono met en scène la fuite d’un homme seul. Devant les hommes autant que devant la maladie, le hussard va de rencontre en altercation à travers la Provence malade. Les toits de Manosque n’auront plus la même couleur pour vous après avoir lu ce récit. A lire au son des cigales… L’amour aux temps du choléra , de Gabriel Garcia Marquez La maladie n’est qu’un cadre où prend vie une histoire de cinquante ans. Une vie passée à attendre une femme. Un jeune télégraphiste, poète, tombe amoureux-fou d’une ravissante écolière. Après lui avoir promis le mariage, celle-ci lui préfèrera un riche médecin. On assiste à l’ascension sociale de ce couple autant qu’aux efforts persévérants du jeune artiste qui ne garde qu’un objectif, séduire et garder cette femme qui lui échappe. A siroter en prenant son temps… L’été de l’île de grâce , de Madeleine Ouellette-Michalska Une période relativement sombre de l’histoire du Québec. A la fin du XIXè siècle, de nombreux émigrants irlandais, touchés par l’épidémie de typhus, sont parqués en quarantaine sur une île, la Grosse-île, au large des côtes canadiennes avant d’être autorisés à débarquer. Les conditions d’accueil sont déplorables, les fièvres se propagent et les décès se multiplient. Le personnel médical y est admirable. Les personnages y sont savoureux. A lire avec un gros pull de laine… Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l’Ouest qui n’était plus gardée , de Jean Raspail Mon préféré !!! Ici, point de maladie nommée, mais une épidémie étrange qui touche les enfants et jeunes adolescents. Pris d’une violence subite, ils disparaissent peu à peu de la ville. Parallèlement, le pays est coupé de tout contact avec l’extérieur. Le souverain, le margrave héréditaire, envoie en mission sept cavaliers, chargés de retrouver le lien avec le monde. Un récit extrêmement poétique, tout en finesse, qui nous emmène sur les chemins du cœur. A écouter au coin du feu…]]></description>
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   <title><![CDATA[Los Demonios, de Valérie Boronad]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/demonios-valerie-boronad-1302617.html</link>
   <pubDate>Mon, 07 Sep 2009 10:33:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[Valérie Boronad « Los demonios » Belfond 2009 Los dos demonios : la dictature argentine d’un côté, les opposants de l’autre. Entre les deux, des hommes, des femmes, des familles brisées. Et des fantômes. Entre 1976 et 1983, près de 30 000 personnes disparaissent sans laisser aucune trace. Pas de corps, pas de témoignage. Elles sont littéralement effacées, ne laissant derrière elles un vide que rien ne peut plus combler. Pour un mot, pour une parole, de véritables razzias sont effectuées par la police de la dictature dans des villages entiers. De la côte, on voit s’éloigner des avions vers l’horizon, puis ils reviennent bientôt. Le lendemain, quelques rares corps s’échouent sur la plage. Comment dans ces conditions construire le deuil d’une personne que l’on n’a jamais connue, quand on ne peut même pas savoir si elle est encore en vie ou non ? C’est la question que se pose tous les jours Tango Montoya, un enfant de dix ans qui grandit à Paris, dans un hôtel tenu par un vieil argentin silencieux. Dans la solitude, il explore les couloirs vétustes comme les recoins de son cœur. Son père, Luis, pour payer le prix du passage en Europe de sa femme et de leur nouveau-né, a été contraint de s’engager dans la guérilla. Depuis ce jour, Tango grandit seul avec Ana, sa mère, dans l’ombre permanente et la folie croissante de l’amour fou qu’elle porte à son homme resté au pays. L’enfant réinvente peu à peu l’histoire de son père, dans un mélange d’innocence et d’imagination. C’est avec une grande force que Valérie Boronad nous livre un dialogue inattendu entre ce fils et son père, dont le lien physique a été brisé par le destin. Tango rédige des lettres à ce père disparu, avant de poster ces écrits sous son lit, dans une valise où, comme un trésor intime, il entasse ce qui compte pour lui. Il espère chaque jour un peu plus pouvoir croiser le regard de cet homme qu’il ne connaît pas. De son côté, dix ans auparavant, Luis, à partir du moment où il voit le bateau qui emporte sa famille disparaître derrière l’horizon, se met lui aussi à écrire à son fils qu’il ne pense pas revoir. Il s’agit paradoxalement d’une double correspondance à sens unique, à des milliers de jours et de kilomètres de distance. Il naît de ces mots jetés sur le papier une émotion rare et intense. On ne peut qu’être touché par les sentiments de manque et d’amour qui sont livrés ici, jusqu’à ressentir au creux de soi ce vide immense. La force de ce récit est de donner l’envie d’espérer, d’attendre mais aussi de hurler l’absence. Et quand enfin une vérité est dite, qu’elle corresponde ou non à la réalité, cette tension retombe, et l’apaisement est enfin là. Rien n’est pire, dans cette disparition, que le silence. Rien ne libère plus que la parole. « T’écrire me sauve la vie » ( Luis ) « Peut-être qu’on peut y croire » ( Tango ) Extrait : « Ma mère a perdu son cœur. La douleur l’a fait tomber par la fenêtre. Peut-être qu’il a rebondi comme une boule de chewing-gum. Peut-être qu’il était si usé qu’il s’est brisé en arrivant au sol. Peut-être que quelqu’un l’a attrapé et l’a enfermé dans une cage dorée et que jamais plus il ne pourra voler jusqu’à moi. Le cœur de ma mère s’appelle Luis. J’ai beau savoir son nom, je ne l’ai pas retrouvé. Mais je n’arrête pas de l’appeler. A force, peut-être finira-t-il par revenir. Connaître le nom que porte le cœur de quelqu’un ne donne aucun pouvoir sur le cœur de ce quelqu’un. Le cœur d’une mère n’est pas un petit chien. Il ne répond pas quand on le siffle. On ne peut pas le caresser. Il ne vient pas nous lécher quand on s’est fait mal. Il ne se contente pas qu’on lui donne à manger pour se mettre à aimer. Tant pis. J’aurais bien voulu y croire. Mais j’ai trop mal au ventre. »]]></description>
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   <title><![CDATA[L'étoile rouge et le poète, de Alicia Dujovne-Ortiz]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/etoile-alicia-dujovne-1302612.html</link>
   <pubDate>Mon, 07 Sep 2009 10:26:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[Alicia Dujovne-Ortiz « L’étoile rouge et le poète » Métaillié 2009 Africa de la Heras est couturière. Née à Ceuta, dans ce lieu où la fougue espagnole se mêle à la chaleur de la terre Africaine, elle s’installe à Paris après la guerre civile pour y exercer son activité. C’est, du moins, ce qu’elle fait croire à Felisberto, jeune poète uruguayen en voyage d’étude dans la capitale française. Repéré lors de son voyage en Amérique du Sud par Jules Supervielle, celui-ci navigue dans un monde imaginaire, entre ses écrits surréalistes et sa grande immaturité affective qui a déjà entraîné l’échec de deux mariages. La jeune femme est en réalité une héroïne des brigades internationales lors de la guerre d’Espagne. Elle a été remarquée et recrutée par le KGB qui en a fait une spécialiste des communications et des codes secrets. Le but est alors de monter un réseau ayant la possibilité d’introduire des espions russes aux Etats-Unis. Quoi de mieux, dans ces conditions, que de séduire et d’épouser ce grand enfant, notoirement anticommuniste, mais faible et malléable à loisir. A Montevideo, elle devient rapidement une couturière à la mode, mais cache son émetteur radio dans ses machines à coudre et son antenne parmi ses cordes à linge. Son quotidien est partagé entre son mari et sa mission. Pour lui, elle devient cuisinière, ménagère, maternelle, mais aussi petite fille ou poupée pour assouvir ses besoins infantiles. Elle doit affronter une belle-mère possessive et une société sud américaine où les relations humaines sont codifiées de manière bien différente que dans les commandos russes clandestins qu’elle a pu diriger pendant la guerre, derrière les lignes allemandes. Dans le même temps, elle trouve le moyen de monter un réseau fournissant des papiers d’identité uruguayens légaux à des espions russes, et ainsi leur autoriser l’entrée aux Etats-Unis. Elle trouve ainsi un moyen inimaginable qui lui fait parcourir tout le pays sous différentes identités. Ce récit d’une rencontre improbable entre deux êtres incompatibles est mis en scène et orchestré névrotiquement par un officier moscovite qui manipule ses pantins au gré des changements politiques communistes. Avec verve et imagination, Alicia Dujovne-Ortiz mêle réalité et fiction pour bousculer tous ses personnages et les emmener vers l’inattendu. On est bien loin des clichés portés par les romans d’espionnage et il sera vain de rechercher ici un style ou des références aux classiques du genre. Ici, point de super espion comme chez Ian Flemming, ni de suspense haletant comme chez John Le Carré. Nous naviguons dans ce récit surréaliste, latin et truculent. Alicia Dujovne-Ortiz nous plonge dans le quotidien surprenant, cocasse, triste ou incompréhensible d’une femme prête à s’oublier pour la cause communiste. Elle construit avec talent un roman intime et passionnant. Extrait : « Le 13 décembre 1947, une jolie brune se dirigea vers la tribune du Pen Club, à Paris, où Jules Supervielle venait de présenter son protégé, Felisberto Hernandez, que Roger Caillois avait proclamé « l’écrivain le plus original d’Amérique du Sud ». (…) Felisberto signait des exemplaires la tête baissée. Cette position mettait en valeur ses cheveux, noirs et bouclés, plantés en forme d’ailes de chauve-souris, comme le chaperon de Fantômas. Elle examina sa bouche, câline, enfantine. Se sentant observé, Felisberto leva les yeux. Il ne les baissa plus, tout occupé à lancer des sourires en direction du teint olivâtre, des yeux sombres, de la face aplati comme un museau de vache. Comme il l’avait toujours dit, les femmes se penchaient sur lui, avec sollicitude, quand il jouait du piano et, maintenant, alors qu’il signait des livres. Il n’avait jamais eu besoin d’aller les chercher, elles venaient seules. Mères attirées par son air désemparé. - Ah, tu es venue ? fit-il dans un murmure. »]]></description>
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   <title><![CDATA[Le cure dent, de Jean-Yves Lacroix]]></title>
   <link>http://www.flu.fr/guillaumemtp/lectures-308/blog/jean-yves-lacroix-1300571.html</link>
   <pubDate>Mon, 10 Aug 2009 9:38:00 +0200</pubDate>
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   <description><![CDATA[Voici un texte écrit dans le cadre de la rentrée des lecteurs 2008 Le cure dent Jean-Yves Lacroix, Le Cure-dent , Allia, 2008. La science lettrée Qui peut se targuer de connaître toutes les facettes de cet homme multiple ? Né dans la Perse musulmane du XIème siècle, au centre d'un brillant monde intellectuel, Omar Khayyam est avant tout un extraordinaire lettré. Enfant précoce, il est dit qu'il apprend à compter sur ses doigts de pieds en même temps qu'il faisait ses premiers pas. Confié à plusieurs maîtres, il a très vite accès aux plus grandes connaissances : les auteurs grecs, arabes ou persans ; le Coran ou la philosophie ; les mathématiques, la médecine ou la science des astres. Son œuvre est à la mesure de l'homme : précoce, riche et variée. Responsable durant plusieurs années de l'observatoire de Merv, à vingt-six ans, il est à l'origine de la réforme du calendrier persan, tâche qu'il accomplit avec une grande précision. Il écrit plusieurs traités de mathématiques, dont certaines notions ne sont (re)démontrées qu'au XIXè siècle. Il rédige aussi six dissertations philosophiques et des traités musicaux. A trente et un ans, il est au sommet de ce qu'un homme ambitieux peut désirer : reconnu, fêté, voire adulé, il occupe une place discrète mais respectée à la cour du vizir Nizam-ul-Mulk. Il vit une longue histoire d'amour avec l'une des femmes de la cour. La vie en quatre vers Mais cette réussite cache une autre facette de ce singulier personnage. Alors que son art culmine, alors que sa renommée est la plus grande, il abandonne toute fonction prestigieuse pour s'abandonner aux plaisirs de la vie. Le vin, l'amour des femmes et la rédaction de poèmes deviennent ses seules raisons de vivre. Oubliant la rigueur des ouvrages scientifiques qu'il a jusqu'alors écrits, il se passionne pour un genre poétique alors considéré comme mineur : les quatrains, ou robayyat. A l'instar des haïkus japonais, en quatre vers tout est dit : l'amour, l'ivresse, la défiance envers les dévots, le face à face avec Dieu. Jean-Yves Lacroix réussit à nous faire entrer dans les univers mystérieux de cet homme. Délaissant l'aspect romanesque autant que la reconstitution historique du contexte, de la cour ou de la Perse médiévale, il s'attache aux pas de Khayyam, que nous pouvons suivre dans toutes les étapes de sa vie. On peut craindre, en débutant cette lecture, une recherche académique, universitaire, froide. On chemine avec l'auteur de bibliothèque en livre rare afin de pister les témoignages de la vie du poète. La promesse de l'œuvre Mais le texte de Lacroix nous embraque peu à peu dans l'imaginaire de ce mystérieux persan. C'est avec plaisir que l'on délaisse alors la simple biographie pour imaginer avec Jean-Yves Lacroix les vides laissés par les récits des contemporains de Khayyam. Tout d'abord éblouis, on ne peut que s'étonner de le voir renoncer si brutalement à l'étude pour un hédonisme exacerbé. On souffre ensuite d'assister à un véritable processus d'autodestruction de cet homme. C'est avec peine qu'on l'accompagne dans ce qui devient une véritable dépendance à la boisson, au fond des plus sordides tavernes, puis avec colère que l'on écoute ses fausses promesses de se remettre à l'astrologie, à la médecine, aux mathématiques, pour finalement replonger dans la déchéance... En dépit de sa renommée, on ne reconnaît à Omar Khayyam que la propriété de quelques livres et d'un cure-dent en or, auquel l'ouvrage de Lacroix doit son titre. Avec cet instrument, le poète extrait de son corps la mort et la pourriture, comme si la déchéance physique n'avait pas de prise sur lui-même. Ultime objet de luxe, il l'accompagne dans toutes ses errances, pour, au final, marquer la page du dernier livre étudié. Sentant sa mort venir, Khayyam laisse sa lecture inachevée, comme si la recherche de la connaissance l'accompagnait dans son ultime voyage. Malgré cette dernière vision d'un homme sage, on finit comme Jean-Yves Lacroix par être déçu, blessé par le gâchis de cette intelligence. Et pourtant, c'est en sombrant que Khayyam aura fait éclore ses plus belles fleurs, ces Quatrains qui resteront dans les mémoires de tous. &#034;Ne te souviens pas d'hier, Ne pleure pas pour demain, Ne crois ni au passé, ni au futur, Vis aujourd'hui et ne perds pas le souffle de ta vie.&#034; Omar Khayyam]]></description>
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