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Jean Paul Potins
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Le Blog de Jean Paul Potins
09 novembre 2009
Au revoir Brive, je t’aimais bien…
 Des kilos de foie gras et des litres de vieille prune plus tard, que dire de plus sur cet endroit magique d’où l’on revient l’esprit plein de belles lettres et les artères bouchées : - Que Mimi Mathy, en plus d’être super sympa, est analphabète. Sur une dédicace faite pour la fille d’un éditeur, écrit en gros caractères bien rond : « Que ta vie soit magiques ».
- Que PPDA, mais si cet animateur à implant qui gagnait 75000 euros par mois, est vraiment à l’image de l’homme raffiné que s’en fait la ménagère de moins de 70 ans. A une attaché de presse qui lui racontait que son chat était malade : « Et comment va ta chatte ? » Voilà qui parviendrait presque à la rendre sympathique. - Que le plus beau moment de la Foire aura été celui où DJ Jean-Claude a passé coup sur coup au Cardinal « Destinée » et la BO de La boom. En les dédiant à son compositeur, M. Vladimir Cosma, qui était dans la salle.
- Que la foire du Livre, c’était mieux avant. Il y a deux ans, dans le train du retour, Pierre Vavasseur, journaliste culture du parisien, remontait les wagons en calecon. Et parfois sans. - Que Frederic Beigbeder n’a pas été très sage. Après avoir présidé la Foire l’an dernier -un patronage éclair où il inaugura le concept d’un président partant le lendemain de son arrivée- il en a remis une couche cette année. Visiblement contraint par son éditeur de venir autographier son « Roman français », la plus belle barbe de Paris n’a pas supporté bien longtemps les poireaux et les regards torves d’admiration de ses fans de Province. Il a bien signé un peu, entre deux bouchées de jambon-beurre, mais en montrant visiblement que ça le faisait chier, ilot de suffisance dans une mer de ploucs. A la moindre occasion –pipi, cigarettes, embrassade avec Eliette Abécassis, crise de claustro dû aux réminiscences de sa garde à vue- le bougre désertait son stand, tel un gamin contraint d’animer l’activité Scrabble dans un sanatorium. Pas facile de se prendre pour Salinger sans avoir la force de rester chez soi… Faut le comprendre aussi le Fredo, il a quand même récemment vécu une expérience traumatisante. Il a goûté à l’acharnement de la police fasciste l’empêchant, c’est un monde, de s’entariner sa coke à flanc de capot. Plus fort que BHL au Pakistan, quasi de l’ordre de Guantanamo. Ca vous marque un homme de se faire traiter comme le dernier des Mouloud. « Il ne méritait pas ça », nous confie-t-il des sanglots dans la plume, lui « l’un des écrivains français les plus traduits dans le monde ». Un être sensible, et modeste en plus, qui parvient au bout de sept heures de garde à vue à se prendre pour Soljenitsyne et Oscar Wilde à la fois. Espérons qu’il soit ressorti grandi de cette incroyable plongée dans l’abîme, où il a tutoyé des heures durant, dans « le lieu de France qui concentre le maximum de souffrance dans le minimum de mètres carrés », le sort des damnés de la terre. Et qu’elle lui permette de rester aussi humaniste et compassionnel qu’il l’avait été en soutenant si courageusement la « propagation de la démocratie » américaine en Irak. http://www.dailymotion.com/video/x2e0aj_nabe-vs-beigbeder-2003_events http://www.dailymotion.com/video/x42vqv_ardisson-verges-beigbeder-torture-i_politics
07 novembre 2009
Jacquot reviens !
 Deuxième jour de la foire au livre. On peut dire qu’elle porte bien son nom. Un défilé de badauds absolument incroyable. Le Disneyland, enfin non, le parc Astérix, du bouquin. Et vas y que je te prenne des photos de PPDA et de Mimi Mathy avec la gamine, et que je te tienne la grappe aux auteurs pendant des plombes, et que je te vante les mérites de mon livre comme un Jean-Pierre Descombes qu’aurait de l’instruction. Ah, je m’interromps car l’attaché de presse de l’événement me souffle dans l’oreillette que « la Foire du Livre, c’est aussi un fantastique espace de rencontre entre les auteurs et leur public ». Ah oui, c’est vrai. C’est émouvant cette entrevue furtive entre l’élite intellectuelle de la nation et des couches populaires certes, mais cherchant à s’élever. Ca sent un peu la sueur, mais c’est émouvant.
La journée aura été marquée du sceau de la venue du Grand Jacques. Une véritable rock star ce Chirac. Certaines groupies, pas de celles toutefois dont on aimerait abuser backstage, faisaient la queue depuis le petit matin, le gros pavé à la main, pour une dédicace et un baiser fugace du fils du pays. Peu avant son arrivée, l’ambiance était électrique : les cannes de frétiller, les sonotones de grésiller, les anecdotes de fuser (« j’étais avec lui à la communale… j’ai très bien connu sa mère… il buvait de la bière dès l’âge de 4 ans… »  . Puis la rumeur a enflé -Il était enfin là- et c’est un Jacques souriant, détendu, ayant un peu l’air de sucrer les fraises tout de même, qui nous est apparu. Escorté par une meute de journalistes, le président serre des louches à gauche, bécote des fans à droite, tombe vite fait la veste, jouissant visiblement pas mal de la ferveur unanime. Le reste est presque de l’ordre de la thaumaturgie. Visages extatiques tournés vers le Soleil. Mère présentant au monarque son plus jeune enfant. Jacquot 1er, jamais bégueule, l’enveloppant de ses bras. Je te bénis mon fils… Tu iras loin et tu mangeras un max de tête de veau… Le bon peuple, venu à Brive soigner ses écrouelles, est aux anges… Le retour du roi Jean… En deux heures le stand est pillé, plus un seul exemplaire de « Chaque pute doit mettre à bas ».
Hier soir la soirée du Cardinal était en demi-teinte. Auteurs, éditeurs… toute la petite faune de la Foire voulait être à peu près présentable pour la ruée du lendemain. Le gros morceau devrait avoir lieu ce soir. Après Angot/Gyneco, quel couple improbable pourrait-on voir se former ce soir ? Mimi Mathy/Hollande, Laure Adler/Patrick Sebastien, Patrick de Carolis/PPDA ? Mystère, mais espérons que le mythique « club de nuit » brivois tiendra toutes ses promesses. Dans tous les cas, c’est le seul endroit en France, et j’imagine sur terre, où on passe encore du François Valéry, du Jean-Luc Lahaie et du Thierry Hazard. Sans compter l’interlude musette et l’heure américaine (slow sur slow sur slow, des Ginettes décolorées épongeant leur alcool sur des Marcel velus). Rien que pour ça, on dit merci Brive.
Voir les photos dans l'album Foire du Livre.
06 novembre 2009
Foire du livre de Brive : nouvelles du front(on)
L  e bien nommé « train du cholestérol » est parti à l’heure ce matin en gare de la gare d’Austerlitz, emmenant dans ses flancs une bonne partie du milieu littéraire parisien. Journalistes, attachés de presse, éditeurs et même des auteurs y ont partagé magret, foie gras et civet de l’amitié, le tout arrosé de prune et de bourgogne. L’edition, milieu connu pour ses amours viticoles, semblent en cette fin 2009 en belle forme, et si les ventes égalent ce débit de picrate ferroviaire, la crise ne sera que de foie.
Un bon nombre partaient d’ailleurs déjà avec un tour d’avance et une mine jaune pastis, le Prix de Flore ayant été remis la veille.
Au hasard des wagons, à l’arrière des michelines, je croise Pierre Vavasseur, journaliste culturel au Parisien. Il m’apprend qu’il est en quelque sorte à l’origine du livre de Christine Angot, puisqu’ayant été témoin de la scène surréaliste (« je me suis frotté les yeux en me disant qu’il fallait vraiment que j’arrête de forcer sur la bouteille »  de galochage entre la dite Christine et le sieur Gyneco au Cardinal (la boite ou se retrouve toute la foire, le soir, pour se livrer à des frotti frotta incestueux), il l’avait rapporté par un entrefilet dans le Parisien. La vraie nouvelle de ce jour de 2007 était un long entretien avec Jean d’Ormesson, ou le vieux beau préféré des lettres françaises clamait qu’il fallait « foutre en l’air tous les prix littéraires ». Comme on le sait, la presse se penchera bien davantage sur le troc de salive entre la reine castelroussine de l’autofiction et le rapper antillais décérébré que sur l’appel à l’insurrection de salon de l’affable Jean d’O. « C’est là que j’ai compris qu’on avait basculé » conclut Pierre Vavasseur, visiblement attristé par la pipolisation galopante. Un culte des veaux de papier auquel la Foire du Livre a aussi sacrifier. Pierre Vavasseur : « Ces dernières années, c’était un peu devenu le festival de Cannes de la littérature. A Cannes, les mannequins et les stars de passage piquent la vedette aux acteurs et aux réalisateurs. Ici, ce sont les people à deux sous qui éclipsaient souvent les vrais auteurs. » Une tendance confirmée l’année dernière par la présence de l’inévitable Frederic Beigbeder en tant que président d’honneur mais qui semble s’être infléchie, puisque cette année, c’est la un peu moins fun Laure Adler qui s’y colle. Pas sûr qu’elle ramène avec elle tous ses potes du Baron... Le bon peuple venu voir des gens qui passent dans la télé ne sera toutefois pas totalement volé, puisqu’à l’occasion de la sortie de son autobiographie, Jacques « Serre-la-louche » Chirac viendra prendre un bain de foule sur ses terres corréziennes. Voilà qui devrait réchauffer le grand cœur du non moins grand Jacques, mis à mal par une injuste et perfide tourmente judiciaire. Espérons juste que dans un moment d’oubli, il n’en vienne à se croire au salon de l’agriculture et ne se mette à flatter le cul de ses innombrables groupies plutôt que celui des vaches. Comme chaque année, Francois « Casimir » Hollande viendra également, avec sa bonhommie habituelle, rappeler au peule de France son existence. Et dimanche, ce sera au tour de notre très polémique ministre de la culture de faire son petit tour et puis s’en va à la Foire du Livre. Sans oublier la présence du susnommé Beigbeder, lauréat du Renaudot, de son grand pote Liberati, qui a remporté hier le Flore (créé par le susnommé B, que le milieu littéraire est petit…  , de Vladimir Cosma, d’Eliette Abecassis, de Patrick de Calories, d’Albert Algoud, de Jean d’O… sans oublier, et ça ça fait plaisir, du regretté Gerard Holtz.
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