
seconde partie de la chronique, disponible ici.
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Le Blog de les fourmis ailées
08 août 2009
"Tribulations d'un précaire" : Iain Levinson
28 juillet 2009
Milena Agus : "Battement d'aile"
![]() Alors, là, je dois avouer que ce livre est « bien fichu ». Sur la première de couverture, on voit une femme de dos, dans une robe à petits carreaux. L’effet est un peu suranné, je dois dire. Et très séduisant. Sans doute, aussi, en raison de la vision de sa nuque. Et puis je songe à la Sardaigne, aux Italiennes de ces îles. Au personnage de Madame, qui ne souhaite pas faire de son pays un parc à touristes et résiste avec sa petite maison d’hôtes. Oh le charme de ce ciel transparent, de cette mer couleur saphir et lapis-lazuli, falaises de granit or et argent !… Mon imaginaire fait le reste - aidé par la récente visite au Musée d’Orsay et ses expositions « Italiennes modèles » et « Voir l’Italie et mourir ». Et puis Madame, comme on la nomme, s’habille avec des robes qu’elle confectionne elle-même, à partir de nappes. Alors la robe en petits carreaux… Tout se brouille, se fond. Pourtant, est-ce vraiment Madame, cette femme qui résiste aux promoteurs, sur cette première de couverture ? Elle nous tourne le dos, à l’image de ce personnage, femme à part, « grande et bête », généreuse et incomprise depuis son enfance. Elle nous tournerait le dos, mais son allure de jeune fille nous laisserait penser qu’il s’agit de la narratrice de ce court ouvrage. Narratrice adolescente, qui nous livre un semblant de journal, centré sur un événement, un personnage, dont la somme constitue finement une histoire, brodant sur des fils ténus d’informations, de sentiments, du passé. Elle nous indique où regarder, elle nous nous livre, avec un mélange de naïveté et d’assurance, sa vie. D’assurance et d’espérance. Pas une once de place pour la mièvrerie, où la candeur est synonyme de simplicité. Le souffle de Dieu plane dans son récit, comme le battement d’ailes, métaphore de son père disparu et qu’elle sait veiller sur elle, avec ces mouvements de rideaux, portés par les courants d’air… Les références au divin sont discrètes, parce que la magie n’a pas besoin d’être voyante pour se signaler. L’écriture de ce livre est d’ailleurs pudique sans être laconique, silencieuse plutôt que muette. L’ironie est précise et juste. Elle ne juge pas, elle témoigne dans ce petit coin de Paradis italien où se côtoie toute une galerie de personnages. Madame et ses rituels issus du tarot. Les voisins, avec la grand-mère râleuse et le fils aîné joueur de jazz. La famille de la narratrice, Grand-père et la tante spécialiste de Leibniz. Le blessé et son amie Gioia la Joie. Niki Niki le coq. Et puis les fantômes, l’ombre du père, les spectres du passé… Dans ces voilages successifs à la délicate transparence, au désordre du monde rejeté répond inévitablement le désordre amoureux de Madame, sorte de putain honteuse, toujours laissée pour compte. Que l’Amour soit ce qui fait défaut dans ce livre, c’est un fait, mais la mélancolie n’attaque absolument pas le cœur du lecteur. Quelques larmes, peut-être, mais que l’écriture ne laisse pas couler. La liberté, promue par un certain nombre de personnages, est ce qui donne la force de continuer, voire d’enchaîner les salauds. C’est ce que l’on appelle aussi la dignité, et c’est ce qu’observe la narratrice, double de Madame. Dans ce semblant de journal - car, si cela en est, l’absence de repères temporels, nous donne l’impression d’être en dehors du temps – c’est en fin de compte l’humanité humble et misérable, fière et forte, qui se donne à lire. Et pour cette raison, je n’hésiterai pas à battre des mains pour ce Battement d’ailes si je ne détestais pas autant le bruit… Le tapotis du clavier, cousin de la plume, s’en est d’ailleurs chargé.
28 juillet 2009
"Conversation amoureuse" avec Alice Ferney
![]() Ferney écrit bien. Elle est plutôt forte. Par conséquent, cette lecture m’a plu, mais j’ai trouvé son livre pessimiste. Oui, je trouve que Ferney est assez cruelle dans ses livres. D’accord, je n’ai lu que Conversation amoureuse et feuilleté Les autres, mais, bon, ça m’a beaucoup fait penser à Risibles amours de Kundera dans la « noirceur » de la chose. En même temps, la proximité du temps de ces lectures m’y a peut-être incité. Dans Conversation amoureuse, il y a beaucoup de problèmes de couple, d’adultères désirées ou effectives, de violence. Je ne nie pas cette réalité, il faudrait ne pas être sage, et je ne pense pas que la littérature doit être fondée sur des bons sentiments. Je pense juste que rester sur un constat n’est pas du ressort de la littérature. Si la littérature ne doit pas être morale, elle ne doit pas pour autant se résigner. Qu’un livre soit un miroir que l’on promène le long du chemin, bien sûr, mais un miroir brisé qui contienne des éclats me convient davantage. Au fond, ce qui m’a bouleversé, c’est le grand réalisme de ce livre. Mais je n’ai pas pu ne pas m’énerver ou être en colère face à des attitudes, forcément réelles, perçues quotidiennement. La fatalité n’est pas le destin, et ce qui est à retirer du livre, c’est l’absence de volonté pour trouver des solutions. On n’est pas malheureux par hasard. Rater est une entreprise facile et individuelle, réussir est une démarche plus ardue et collective. Les personnages de ce roman ne conversent pas, ne communiquent même pas. Englué dans ce qu’ils sont. La conversation amoureuse existe lorsque l’amour existe. Et aimer mal, ou mal s’aimer, est chose aisée. Aucun retour sur le passé, sur ses blessures. Vivre dans l’instant, c’est vivre sans les mots, et rien de durable n’est possible quand on n’a pas les mêmes… Babel, la tour, n’a pas été terminée, mais ce péché originel a été depuis ce temps annulé : on pourrait s’en souvenir. Ce qui m’a donc frappé, c’est la « répétition », l’enfermement des situations. Rien à voir avec la figure de la spirale, qui m’est chère. Au divorce du parent répond le divorce de l’enfant. La femme qui a perdu son ami, très jeune, se marie avec un homme assez âgé : un autre deuil n’est déjà pas loin. Et puis j’ai eu du mal avec l‘histoire principale de Gilles et Pauline. Minutieusement écrite, parfois trop, au risque de paraître fausse... Gilles, lui, m’a profondément agacé avec sa suffisance, sa lourdeur et ses manques de considérations. Bon, d’accord, lire ce livre est quand même salutaire, en plus d’être bien écrit. Il montre ce qu’il ne faut pas faire. C’est peut-être plus efficace, me dit-on. A l’embourbement général du livre, faire confiance à la pépite d’or, peut-être encore présente dans l’esprit, voire le cœur, des lecteurs. Bon, d’accord, il y a bien une lumière d’espoir, dans ce (très) long roman. Elle vient peut-être tardivement et peut passer inaperçue, mais c’est un peu comme dans un couple : ne pas être aveugle et savoir qu’il faut du temps, pour construire. Conclusion : je reviendrai, Alice, je reviendrai. Ta conversation littéraire a le mérite de me faire franchir le miroir, à défaut du Rubicon.
28 juillet 2009
En avant la musique : Amos Oz et Roberto Vecchioni
![]() Qu’est-ce qui peut rapprocher Soudain dans la forêt profonde de l’israélien Amos Oz et Le libraire de Sélinonte de l’italien Roberto Vecchioni ? Que ces auteurs ne sont pas français et que ses ouvrages sont des traductions. C’est une idée. Mais ça ne suffit pas. Non, en fait, ce qui les unit est la légende allemande, rapportée par Goethe et par les frères Grimm : Le Joueur de flûte de Hamelin. Souvenez-vous : un fifre, grâce à sa flûte, enlève des enfants parce qu’il n’a pas été payé par la ville alors que cette même flûte les avait sauvés des rats, de la Peste, et donc de la mort. Disons-le comme ça. ![]() Ces deux livres fonctionnent de la même façon. Il s’agit de deux communautés : un village au bout du monde et Sélinonte, délimité par deux rivières. Et, dans ces deux lieux, il n’y a plus d’animaux ou plus de livres. Dans le village, c’est Nehi le démon qui les a amenés dans la montagne. A Sélinonte, il y avait pourtant un libraire… ![]() Ces deux ouvrages sont des contes, merveilleux pour Amos Oz et fantastique pour Roberto Vecchioni. Le premier est à destination des jeunes, le second proposé aux adultes. Mais peu importe cette dernière différence, la stratégie est la même : les héros sont de jeunes enfants, comme pour signifier que cette génération, qui n’a pas d’animaux ou de livres, est celle qui vivra et construira notre monde. Que c’est aussi ce monde-là que nous leur laissons : un monde d’injustice et de violence, un monde privé de sens, puisque privé de mots et de nuances. Allez, c’est un discours convenu, me dit-on, mais la banalité du mal ne peut être évacuée par cette simple observation. J’ai regardé la date de publication de ces deux ouvrages : 2004/2005. C’est une coïncidence, mais cela me saisit... même si cela ne m’étonne pas. La légende allemande nous parlait d’un contrat rompu et d’un avenir compromis. D’une parole donnée et reprise, d’un échange rompu. Il ne tient qu’à nous de renouveler le pacte, que la littérature - et plus largement la culture - ne cesse de proposer : celui qui nous donne accès à notre humanité. Etrangement, ces deux livres font référence à ce qui nous constitue : le règne animal et le langage. Avec une seule disparition, on pourrait se demander ce qu’on devient. Avec ces deux disparitions, on peut être sûr que nous ne sommes plus rien.
23 juillet 2009
Patrick Rambaud : "Chronique du règne de Nicolas 1er"
![]() Il est de bon ton de critiquer le pouvoir. Comme Nicolas Sarksoy est au pouvoir, il est de bon ton de critiquer Nicolas Sarkosy. Le français n’a jamais eu la tête épique, la verve moraliste et la plume satirique : si ! Ce livre de Patrick Rambaud ne déroge pas à la règle. Dans sa « notice explicative pour le bon usage de cette chronique », il nous dit vouloir se placer dans ce genre séculaire de la satire, mis en usage par Horace et Juvénal. L’on sait tout de suite que ce qui lui cause de l’embarras, en France, ce n’est pas la circulation parisienne mais « le visage de Notre Nouvelle Majesté ». Cela lui donne même de l’urticaire, c’est tout dire. Moi, je dirai que c’est un livre sympathique, mais aux scènes bien convenues, à la moquerie bien évidente. Attention, je ne dis pas que c’est mal écrit, cela ne manque pas de pétillance, mais quand tous s’acharnent à décrypter, à montrer sans cesse, à caricaturer, les faits et la geste du Pétulant Souverain, cet ouvrage perd grandement de sa saveur. On lit déjà au quotidien l’Histoire. Dans ce récit, cela semble déjà bien démodé. L’image et l’Internet dans cette entreprise ont pris de l’avance. On connaît tous, dans ses détails les plus marquants, la première année, de N.S. Sans doute que dans le second volume – on espère qu’il y en ait autant que son règne compte d’annuités – il y a davantage de faits obscurs, secrets, de couloirs dérobés aux profanes ! Bref, que l’on ait un peu plus l’impression de lire des chroniques, puisqu’on lit des chroniques pour connaître, pour savoir… Au sourire des scènes à la moquerie superficielle, j’ai préféré le rire plus littéraire de ces deux passages : lorsque Patrick Rambaud fouille la généalogie des bons et des mauvais Besson, lorsqu’il raconte la venue en Afrique de N.S. et son fameux discours de Dakar. Là, dans les deux cas, il arrive à contrer les relents médiatico-journalistiques par la grâce du langage, par ce qui fonde la littérature : l’origine des mots et l’intertextualité. Deux des éléments qui mettent en relief le présent, qui donne une perspective et un sens à ce qui s’écrit. Quand on a une Majesté qui renie La Princesse de Clèves, autant critiquer son règne de cette façon. Marianne, Les Guignols et Stéphane Guillon ont déjà choisi l’autre.
23 juillet 2009
Pierre Mac Orlan : "L'Ancre de la Miséricorde"
![]() 1777. Brest la Belle (c’est moi qui l’ajoute). Yves-Marie Morgat, adolescent de 16 ans, élève brillant destiné à une carrière militaire, rêve d’embarquer. En vivant dans une ville portuaire, rien d’improbable, me direz-vous, et pourtant… Son père est réticent et son ami, le chirurgien Jérôme Burnst, le lui déconseille vivement : « l’aventure est une duperie et un danger pour les âmes les mieux trempées, je suis l’interprète de plus de quarante années d’expérience. » Le personnage qui déclenche l’action est ce fameux pirate Petit-Cadet, paraît-il mort, mais dont la possible proximité alimente soudainement les rumeurs. Yves-Marie, ou Petit-Morgat, aide un bagnard avec qui il s’était lié d’amitié à s’évader, sous prétexte que ce dernier l’assure de son innocence et lui demande de l’aider à se venger… contre Petit-Cadet. Pierre Mac Orlan, que je n’avais jamais lu, à écrit un livre d’initiation avec la nostalgie de L’Ile au trésor et le souvenir de L’Etrange Cas du Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. Petit-Morgat a ce mélange de naïveté et d’exaltation qui est propre à la jeunesse, mais il est aussi obéissant voire craintif. Personnage qui ne va pas au bout de lui-même, qui s’arrête, peut-être, à l’endroit où le risque est le point de non-retour. Prise en compte de la réalité ou poltronnerie ? Sagesse ou résignation ?... Mac Orlan publie son récit en 1941, à presque soixante ans et deux guerres quasiment derrière lui. C’est un livre finalement plus profond que romanesque, où la connaissance de l’homme et de ses errements, ses masques, ses trahisons, nous amène logiquement à lire ceci : « L’affection des hommes est une monnaie rare qui ne sort pas souvent de leurs bourses. Il faut des circonstances peu communes pour qu’ils en fassent le don ou l’échange. Ne tombe point, cependant, dans la misanthropie. Aime les hommes, mais garde toujours la main sur la poignée de ton épée quand tu ne les connais pas. Un jugement ne doit jamais partir du cœur sans avoir été contrôlé par l’expérience. » L’écriture de Pierre Mac Orlan est intéressante, même si je me demande comment Victor Hugo aurait écrit sur ce canevas. Quelque chose de plus saisissant, sans doute. On aurait dû pleurer, à la fin, comme pour Quatrevingt treize. En même temps, il n’aurait sans doute pas écrit sur ce canevas, car ce dernier a le souffle coupé… Si le monde de la piraterie existe bien en 1777 et au siècle suivant, le XX ème siècle n’est plus celui de la piraterie. C’est la fin d’un monde, la fin de l’aventure. Le début d’une barbarie froide, à grande échelle, contrôlée... Nul doute que L’Ancre de la Miséricorde, au titre d’ex-voto, n’en porte la blessure.
23 juillet 2009
Anne F. Garréta : "Pas un jour"
![]() Ce livre, estampillé "roman", se veut soumis à la contrainte suivante : pas un jour sans écrire cinq heures de suite, avec pour objectif de "raconter les souvenirs que tu as eu d'une femme ou autre que tu as désirée ou qui t'a désirée", sans rature ni réécriture. Ou la rencontre sur la scène littéraire du jeu oulipien et de ce qu'il est convenu d'appeler "l'écriture de l'intime". Avec humour et détachement, Anne F. Garréta nous rend complices de ses désirs, bien qu'elle s'adresse à une lectrice et que je sois certain de ne pas en être une ! L'absence d'identification des femmes, réduites à l'initiale de leur prénom, nous le permet, dans un monde où le "jouir" est "religion universelle". Dans cet écrit très écrit, à la langue agréablement classique et soutenue, accompagnée parfois de termes crus, mais justifiés par l’appétit des corps, l'exploration de la nébuleuse "Désir" s'effectue à travers une distanciation narrative, courante dans les écritures de soi, mais, ici, marquée par le tutoiement. Les récits surgissent d'une époque révolue ("tu t'es délibérée depuis certains temps déjà de ne plus vivre de la sujétion de désirs ordonnées" ) et cet éloignement est propice à un listing de la configuration du désir : désir et dissimulation, désir et reconnaissance, désir et dégoût, désir et interdit, désir et prince charmant, désir et ambiguïté physique… Déconstruisant le genre autobiographique ("l'illusion d'un dévoilement de ce qu'ils imaginent être un sujet" ), celle qui s'essaye à décrypter, à reconstituer les questionnements, les illusions, les atermoiements et les stratégies qui s'exercent mentalement quand Il surgit, nous offre sa figure, impalpable et surtout digressif, car, en fin de compte, on est toujours détourné : "la même où l'on croit le plus radicalement lui échapper — dans l'éperdu du désir — il insinue des lois, sa comédie, son empire. Nos désirs nous sont soufflés — théâtralement et vulgairement : dictés et dérobés." Pas un jour nous propose donc de suivre les méandres de ce qui nous fait agir —l'homme est un animal désirant — dans toute sa complexité et ses incertitudes.
23 juillet 2009
"De Goupil à Margot", écrit par Louis Pergaud
![]() Les huit récits de ce recueil sont marqués par une vision cruelle, violente et pessimiste du quotidien animal, lieu de lutte entre les animaux, entre l’animal et l’homme, comme le laissent entendre ces quelques titres : “la tragique aventure de Goupil”, “l’horrible délivrance”, ”la captivité de Margot”, “la conspiration du murger”, “le viol souterrain”... De Goupil à Margot, comprenez que c’est le même combat... Chaque récit est semblable à une petite nouvelle dont la chute, pourtant presque sans surprise, se rapproche véritablement du couperet du Dr Guillotin, puisqu’elle est, chaque fois, le point final d’une agonie. Chaque récit est donc la chronique d’une mort annoncée... Il y a bien une fin heureuse, me crie-t-on, dans “l’évasion de la mort”, mais cela tient du miracle : car Rana la grenouille ne survit que grâce à l’intervention fortuite d’une buse. Par accident... Louis Pergaud, dans sa langue riche et descriptive, construit ses scènes rurales en mettant en évidence le point de vue - la conscience (le terme revient souvent) - de l’animal : naïveté, incompréhension, désarroi, terreur... Louis Pergaud “psychologise”, personnifie. Doit-on y voir une réflexion sur la condition humaine ? Si Louis Pergaud, dans la perception minutieuse qu’il a de son terroir, du petit peuple de la forêt et de la campagne, rejoint La Fontaine en ce qui concerne l’âme des animaux, son intention ne semble pas être, comme dans les Fables ou dans La ferme des animaux d’Orwell, de moraliser son public, mais peut-être bien, plutôt (certes, c’est aussi un message), de rapprocher les hommes des animaux. Pergaud a les mains pleines de terre.
20 juillet 2009
Prendre l'air, prendre l'air... L'air du large. Le grand, tant qu'à faire.
![]() J’ai, depuis quelques temps, l’âme d’un aventurier... Bon, à vrai dire, j’ai un peu le mal de mer, et je n’étais pas très rassuré la dernière fois, en prenant l’avion pour ma belle Florence. C’est pour ça que je marche beaucoup, finalement. L’âme d’un aventurier, vous dis-je, pas le corps. Faut avoir le cœur bien accroché, sinon. Et l’estomac ! A part ces petits désagréments, je partirai bien à Madrid… Rien qu’à les dire, ces mots… Bon, il faut bien faire des listes avant de partir en voyage !... Quelques livres, donc, puisque ce blog n’est pas un blog pour touristes... - Les écrits de Nicolas Bouvier : Le Poisson-scorpion, L’Usage du monde… - Le Bonheur des petits poissons, de Simon Leys, sinophile averti et qui y revient toujours , dans ce recueil de chroniques sur des sujets bien variés : « Contre Sainte Beuve », « Connaître et méconnaître la Chine », « Vérité du romancier », Eloge de la paresse »… - Les pirates, de Gilles Lapouge, qui s’essaye à différencier, à force d’anecdotes et de citations littéraires, ces révoltés (l’ange Misson, le diabolique Lewis…) et à tirer l’essence de la piraterie, est un livre intellectuellement passionnant. - Histoire Générale des Plus Fameux Pyrates, de Daniel Defoe - De l’esprit d’aventure, un entretien croisé entre Gérard Chaliand, Patrice Franceschi et Jean-Claude Guilbert - L’esprit Nomade, de Kenneth White - L’Ancre de Miséricorde, par Pierre Mac Orlan - L’Inde (sans les Anglais), de Pierre Loti - la série des Pirates ! de Gidéon Defoe : hilarante… - Les Mutins de la Liberté, de Daniel Vaxellaire - L'Ile des perroquets, par Robert Margeri - L’Ile au trésor, de Stevenson : le relire, bien sûr ! - Le Bordel des mers de Siân Rees - Les Indes Galantes, de Roger Nimier - Le Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Tournier : bah oui, je ne connais que la version pour les jeunes ! Je me rends compte que je ne risque pas de partir, si je dois tous les avoir lus. N’empêche qu’au moins ma liste est faite. De l’art de considérer son blog comme un pense-bête.. |
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