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Sabine Surlalune
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Sabine Surlalune
Two things you don't want to watch being made: sausages and laws"
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Né le : 12 avril 1979
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Traductrice, écrivain

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Le Blog de Sabine Surlalune
27 octobre 2009
Ceci n'est pas une amourette... L'âme soeur, roman d'Anne Denner, Le Dilettante
- Qu’est-ce qu’on lit ?
- L’âme soeur, d’Anne Denner.
- C’est quoi ?
- C’est l’histoire d’une petite fille qui vit en Afrique, dont le père est écrivain...
- Ah alors lui c’est le double de l’auteur...
- Euh, j’espère pas. Donc, le père est écrivain et la mère infirmière pour la Croix-Rouge.
- Ah, alors c’est des gens bien, cultivés, généreux, des héros, quoi.
- Comment dire... Il ne faut pas se fier aux apparences.
- Et la petite fille est contente et le livre est plein de bons sentiments ?
- Pas vraiment. Déjà, elle est jalouse parce que ses parents choisissent d’adopter une autre petite fille, alors qu’ils en ont déjà une à la maison.
- Bon, donc ses parents ont vraiment un coeur gros comme ça ?
- Alors, disons-le bien : ce n’est pas un roman à l’eau de rose. C’est drôle, c’est franc, c’est désabusé. C’est raconté par une petite fille intelligente, quoi. La petite adoptée n'est pas Cosette et la narratrice n'essaie pas de nous tirer des larmes.
- Ah bon. Et c’est bien ?
- Ben oui.
19 octobre 2009
La petite anglaise et le ministre de la Culture
En 2005, Frédéric Mitterand publiait « La mauvaise vie » : l’ouvrage est qualifié de roman, mais en fait c’est un journal intime, ou un récit autobiographique, ou bien, pour reprendre les mots de l’auteur, « ni un roman ni ses mémoires, mais une vie qui ressemble beaucoup à la sienne »(http://mondeactu.com/culture/frederic-mitterrand-apres-la-mauvaise-vie-les-mauvaises-langues-2757.html). Il a été fort opportunément attaqué par Marine Le Pen (qui doit avoir tout un arsenal de « munitions » comparables sur chaque personnalité politique, toutes prêtes à être utilisées) après ses propos sur Roman Polanski.  
En 2006, Catherine Sanderson, alias Petite Anglaise, se faisait renvoyer de l’entreprise où elle travaillait comme secrétaire après que son patron ait pris connaissance de son blog. Elle a attaqué son ex-employeur aux prud’hommes et a gagné. Entretemps, elle a signé un contrat avec la maison d’édition Penguin pour publier un récit autobiographique, intitulé « Petite Anglaise ». Elle y prête délibérément le flanc aux critiques, et noircit son image : une de ses amies l’accuse d’être devenue narcissique, les jours suivant l’annonce de sa rupture d’avec son compagnon, elle se rue sur son blog pour voir si les statistiques ont grimpé... Elle avoue avoir dressé d’elle un portrait parfois peu flatteur pour mieux montrer les dangers d’exposer trop sa vie.
Effectivement, c’est la question que je me suis posée en entendant parler de toute cette agitation : fallait-il que Frédéric Mitterand s’expose autant dans un roman ? Et d’ailleurs, pourquoi le genre de son ouvrage est-il si vague ? C’est irritant. Un roman est une oeuvre d’imagination, ce ne sont pas des mémoires ; un personnage de roman, s’il n’est pas l’auteur, a le droit de parler en son nom propre et dispose d’une licence romanesque sur ses dires. Dans des mémoires, c’est l’auteur qui parle et qui est responsable de ce ses propos. Ne pas savoir avec certitude, d’après ce que rapportent les média, si « La mauvaise vie » est un roman ou un récit autobiographique, cela renforce les pires lieux communs sur les grandes maisons d’édition : ils publient n’importe quoi pourvu que ça vienne de quelqu’un de connu, ils sont laxistes...  
Surtout, je ne doute pas que Frédéric Mitterand ait eu besoin d’écrire ce livre. Mais je me demande s’il était bien nécessaire de le publier. Oh, bien sûr, de grands romans reprennent lourdement la vie de l’auteur... « Le bleu du ciel » de Bataille, « A la recherche du temps perdu » de Proust... Ca ne veut pas dire qu’il suffise de raconter sa vie pour faire oeuvre de création.
Le plus lassant dans cette « polémique » - ce brassage de vent - c’est que l’ouvrage de F. Mitterand n’est même pas traité comme une oeuvre littéraire. Evidemment, je parle sans savoir, je ne l’ai pas lu, je ne sais pas ce que ça vaut. Comme beaucoup de gens qui en parlent, d’ailleurs. Tout le monde s’est engouffré dans la brèche ouverte par Marine Le Pen, gueularde, simpliste et réductrice. Et le pire, c’est qu’en confondant le personnage et l’auteur, c’est qu’elle n’a pas eu tort.  
Revenons à Petite Anglaise, Catherine Sanderson donc. Elle a publié son récit, qu’elle avait pris soin de faire lire aux personnes concernées auparavant. Elle a ensuite entrepris d’écrire un roman, qui est une oeuvre d’imagination, même si elle s’inspire de situations et d’environnements qu’elle a biens connus (être une mère célibataire à Paris, faire des rencontres sur Internet) et a récemment annoncé sa décision d’arrêter de bloguer, pour se consacrer à l’écriture d’autres oeuvres de fiction. Elle s’est expliquée ici : http://www.petiteanglaise.com/2009/09/28/over-and-out/
J’ai l’impression que dans ce cas, Petite Anglaise a été plus sage, et s’annonce comme un auteur plus crédible, que notre ministre de la Culture. Surtout au vu de ses déclarations contradictoires sur les rappeurs et la liberté d’expression : Orelsan qui traite une femme de « Sale pute », c’est bien, Morsay qui qui « nique la police municipale », c’est mal.
 

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