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Sabine Surlalune
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Sabine Surlalune
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Né le : 12 avril 1979
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Profil » Blog » Critiques » Minuit par-dessus tête
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Le Blog de Sabine Surlalune
07 septembre 2009
0 voteVotez ! Minuit par-dessus tête

Qui a lu San-Antonio - ceux d’origine, de Frédéric Dard - est probablement tombé sur une des nombreuses piques de l’auteur envers Julien Green. En effet, quand le détective n’est pas occupé à décrire Bérurier mangeant un cassoulet ou à honorer l’une de ces (innombrables) dames, il n’est pas rare de le voir pondre une description raffinée d’un endroit et de conclure d’un « je fais aussi bien que Julien Green, et même mieux ».
 
Ces références multiples à un auteur tombé dans l’oubli n’ont pas manqué de m’intriguer. Ainsi, après avoir résolu le mystère de la taille variable du sexe de San-Antonio (qui passe de 25 à 32 centimètres pour une raison inconnue), je me suis mis en tête de lire du Julien Green, histoire de comprendre.
 
J’ai bien vite trouvé Minuit, un roman écrit en 1936, dans une librairie de livres d’occasion du Quartier Latin ; il ne restait plus qu’à lire cette oeuvre et à faire part de mon avis partiel et subjectif, forcément partiel et subjectif, sur Internet (on me dit que les blogs sont souvent partiels et subjectifs, je n’en crois pas un mot).
 
D’abord, reconnaissons que Julien Green ne s’est pas moqué de ces lecteurs. Avec un roman qui s’appelle Minuit, on est en droit d’attendre du suspense, du mystère, et tout ça pendant la nuit. Eh bien le roman commence et s’achève en pleine nuit. En plus, il pleut. Deux bons points pour l’atmosphère. Il y a une femme qui meurt d’amour (et d’un suicide au couteau), une jolie orpheline attendrissante, des tantes moches et mesquines, des soeurs adoptives moches et mesquines, et d’autres personnages féminins, mais pas aussi jolis que l’héroïne. Les hommes sont soit vieux et débonnaires, soit jeunes et dangereusement beaux. Le personnage masculin principal n’est ni jeune ni vraiment beau, mais dangereusement tcharbé et suicidaire. D’ailleurs à la fin l’héroïne et d’autres personnages meurent à cause de lui.
 
J’ai souvent eu l’impression d’être dans un roman de gare. Un de ces romans de collection populaire de type SAS à qui on demande : « je veux lire une histoire avec une intrigue policière / des histoires qui font peurhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_gothique)  / de la science-fiction / du fantastique », que l’on achète pour une poignée de cents chez Boulinier ou en kiosque, et qu’on lit vite fait comme on mange un hamburger. J’ai eu l’impression de faire une promenade agréable dans les clichés de la littérature du dix-huitième et du dix-neuvième : la prof de piano qui drague son élève, dix-huitième siècle. L’orpheline qui se retrouve dans une bâtisse sinistre et étrange, dix-neuvième. Les thèses farfelues du personnage masculin et son emprise sur les autres, Mesmer , dix-huitième. La différence entre les romans de gare et ce roman de Julien Green, c’est que les auteurs des premiers écrivaient de la copie à la chaîne sans recevoir de louanges. Et aussi que Julien Green, lui, il a le signe, que dis-je, la marque, de l’écrivain qui fait de la Littérature : il fait des notations psychologiques. Toutes les trois phrases, le lecteur a droit aux lueurs profondes de l’auteur sur l’humanité.
 
Il ne s’agit que d’un avis sur un des multiples romans de Julien Green. La lecture m’en a beaucoup divertie mais souvent, je n’étais pas sûre qu’il s’agissait de l’intention de l’auteur. Bon, disons que je me suis dit qu’il avait fait exprès d’écrire un roman bien kitsch avec beaucoup de stéréotypes par respect inné pour les auteurs en général. Seulement, je trouve que de nombreux livres écrits pour être consommés à la va-vite, beaucoup d’ouvrages qui ne réclameront jamais d’entrer par la grande porte dans le panthéon des arts, valent autant et même plus que celui-ci, acclamé à son époque.
 
Alors je suis revenue aux valeurs sûres : San Antonio. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui le trouvent misogyne et macho : comment prendre au sérieux un personnage qui revient chez maman à la fin de chacune de ses aventures ? Et je pense avoir trouvé le secret de son sexe extensible. Il a dû commander un agrandisseur de pénis suédois, comme Austin Powers.
Dossier : Critiques | Tags : Julien Green, Minuit, San Antonio


 

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