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cartographie de l'identité
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le blog de Patrice Vibert
A propos
Ce blog se construira peu à peu autour de trois directions: - comment les trajectoires identitaires sont-elles approchées par les arts ? - comment définir une esthétique moderne ? - un panorama des expositions artistiques rouennaises
Homme Homme
Né le : 20 juillet 1975
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Prénom : Patrice

Nom : Vibert

Présentation :
Professeur de philosophie. Mes recherches portent sur la notion d'identité.

Ville : Rouen
Département : SEINE MARITIME
Région : Haute Normandie
Pays : France
Statistiques
22 octobre 2009
Lire Zola en continu
Comme tout lecteur, j'ai commencé à lire le cycle des Rougon-Macquart de Zola en ordre dispersé. Cette première lecture de quelques romans fut ambigüe: le style ne plaisait guère au jeune lecteur que j'étais et pourtant j'étais attiré par cette description de ces trajectoires individuelles comme celle de Gervaise dans L'assomoir.
Voici deux ans que je me suis lancé dans la lecture intégrale de ce cycle en suivant l'ordre de publications des vingt romans.  
Pour des raisons différentes, cette lecture est elle aussi ambigüe. Ce n'est plus des trajectoires individuelles que j'ai l'impression de suivre mais bien une trajectoire familiale. Malgré l'indépendance des romans qui composent le cycle les uns par rapport aux autres, il sont liés par une solidarité plus secrète. On sent bien qu'on passe en revue toute une génération avant de passer à la suivante.  
Il faut prendre conscience de cette trajectoire familiale pour comprendre pourquoi l'individu ne peut pas en lui-même rencontrer d'événement. C'est une époque, et des familles, qui le rencontrent ( par exemple le Coup d'Etat qui conduit au Second Empire.
23 septembre 2009
entre érotisme et sensualité
Dans Comme un cuivre qui résonne, Peter Stamm réussit à nous présenter plus qu'un ensemble de nouvelles mais bien un recueil. L'unité de ces textes est liée aux variations sur le désir et l'amour qu'ils nous décrivent peu à peu. Ce regard chiurgical nous décrit tout un horizon délimité par l'érotisme et la sensualité dans ses deux extrémités.
   
 
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Mais cette cartographie ne vaut pas pour elle même. Elle montre que le désir voue à l'échec toute relation entre les partenaires amoureux. Le désir condamne le sujet désirant à la solitude. Cet isolement est mis en valeur par l'écriture épurée de Peter Stamm. Le refus du pathos sépare aussi le lecteur de toute idenfication avec le personnage. A travers ces nouvelles, c'est les seules métamorphoses du désir nu qu'il est possible de suivre.  
Ce ratage de la relation amoureuse apparaît dès la première nouvelle du recueil, L'attente. La narratrice, une vieille fille, rencontre son jeune voisin du dessus, Patrick. Il entame une relation amoureuse. La sensualité remplace tout véritable dialogue entre eux. La narratrice doit alors attendre que son jeune amant vienne la voir. Cette attente transforme son désir en fantasme, au point où le lecteur peut se demander si cet amant existe réellement.  
La solitude et l'incompréhensibilité du désir s'accroissent encore dans la troisième nouvelle, Les trois soeurs. Heidi part à Vienne pour passer un concours d'entrée aux Beaux-Arts. Elle revient sans jamais être allé au concours mais enceinte. Son amour pour l'art a été remplacé par un désir brut, désir qui l'entraînera à vivre avec un homme qui ne peut comprendre ce qu'elle est. Seule, Heidi doit choisir entre les deux voies que lui offre son désir.  
La nudité du désir telle qu'elle est décrite par Peter Stamm lui permet de sortir de la sphère de l'humain. La nouvelle Corps étrangers décrit une communion avec la terre qui ressemble à celle de Robinson dans Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier:
 
"Elle rit sans bruit. Il est fou, dit-elle, mais moi aussi je suis folle. Et toi aussi, n'est-ce pas ? Nous sommes tous fous. Cette grotte, pourquoi voulons-nous y entrer ? Pourquoi veux-tu y entrer ? Dans ce Nirvana. Parce que presque personne n'y est encore entré ?
[...] Baiser la Terre, dit Sabine. Elle se leva et tendit la main à Christoph. Nous niquons la Terre."
 
 
Cette curiosité mêlé au désir sexuel ne peut qu'évoquer le désir de fusion avec le corps maternel. C'est son doute ce fantasme de fusion qui circule dans les différents désirs en jeu dans ce recueil qui interdit toute relation véritable.  
Comme un cuivre qui résonne arrive donc à remplir sa mission, cartographier le désir dans toutes ses dimensions. Pourtant, on ne peut qu'être gêné par l'isolement que procure cette lecture car l'écriture permet de révéler la nudité et le non-sens du désir. Non-sens qui circule entre le lecteur et le texte, entre les personnages du texte. Aucune identification aux personnages n'est possible. Confronté à cette cartographie, le lecteur est renvoyé à son propre désir.
 
note : 3.5/5
 
Extrait:
"Si son ménage est uni, dit Johanna, pourquoi a-t-il alors besoin d'être infidèle ? Eva haussa les épaules. tu trouves ça immoral? Johanna sentit sente son hésitation face au "tu" plus intime. Je me dis que c'est à lui de prendre ses responsabilités, dit Eva, après tout c'est lui qui trompe sa femme. Tu veux dire que je devrais l'envoyer promener? Mais là n'était pas la question qui intéressait Johanna. Quel genre de personne est-ce ? lui demanda-t-elle. Parle-t-il avec toi de sa famille ? Que te raconte-t-il ? c'est un homme tout ce qu'il y a de normal, dit Eva, de sa famille, il ne m'en parle pas beaucoup. Ca me convient parfaitement, je n'ai rien à voir là-dedans. Est-ce que c'est normal ? demanda Johanna d'un ton plus violent qu'elle n'en avait eu l'intention. Est-ce que c'est normal qu'un homme ait une maîtresse? Ca ne peut quand même pas être normal ? Dans la lumière qui filtrait de l'entrée, elle vit qu'Eva souriait. Adrian ne vous a-t-il jamais raconté, à ton mari et à to, pourquoi nous nous sommes séparés ? lui demanda-t-elle. Que dirais-tu à femme ? demanda Johanna. Que lui diras-tu si un jour elle te téléphone et te demande des comptes ? Je ne sais pas, dit Eva. Elles se turent. Puis Eva dit: je lui dirais qu'il ne faut pas y attacher d'importance, qu'elle ne doit pas s'inquiéter." ( p. 133-134)
13 septembre 2009
La confusion des âges: "Le monde sans les enfants" de Philippe Claudel
" Mais le temps passe pour tout le monde, et aussi pour les enfants. Et les enfants un jour ou l'autre deviennent grands, et deviennent parents en ayant eux aussi des enfants, des enfants qu'ils aiment tant mais que tout de même ils disputent, ils punissent et qui les font râler. Car le problème, voyez-vous, c'est que quand on est grands, on oublie, on oublie presque tout, et on oublie surtout qu'on a été enfant."
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Cet extrait de la nouvelle inaugurale du recueil indique au lecteur le fil directeur de toutes les nouvelles: à la fois le mélange et la séparation entre le monde des enfants et le monde des adultes. On passe ainsi de nouvelles où les adultes essaient de se mettre du point de vue des enfants à des nouvelles où les enfants prennent la place des adultes.  
"Le chasseur de cauchemars" nous montre Raymond, un chasseur de cauchemar, en retraite forcée car son métier est maintenant effectué par des entreprises et non plus par de simples artisans. Cette introduction de problèmes d'adultes dans un univers enfantin aurait pu créer un décalage à la fois plaisant et suggestif. Mais Philippe Claudel perd très rapidement son lecteur.  
Personnellement, à chaque nouvelle, je me demandais à qui ils s'adressaient: des enfants, des adultes. Les deux à la fois sans doute, où à l'enfant qui sommeille dans l'adulte et à l'adulte qui regrette de ne plus être un enfant.  
Si ce recueil se lit rapidement et si quelques nouvelles sonnent justes ( "le dur métier de fée", "le gros Marcel" ), il ne laisse guère de souvenir durable.
 
Note: 2/5
20 juillet 2009
Flaubert, Zola et l'événement historique
Voici un article qui propose une lecture philosophique des romans de Flaubert et Zola afin d'en dégager une pensée de l'histoire:
 
Vers une pensée de l'événement
 

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