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Ce blog se construira peu à peu autour de trois directions:
- comment les trajectoires identitaires sont-elles approchées par les arts ?
- comment définir une esthétique moderne ?
- un panorama des expositions artistiques rouennaises
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Homme Né le : 20 juillet 1975 Prénom : Patrice Nom : Vibert Présentation : Professeur de philosophie. Mes recherches portent sur la notion d'identité. Ville : Rouen Département : SEINE MARITIME Région : Haute Normandie Pays : France Statistiques
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» L’impossible rencontre : sagesse, art et argent ( Mandalas de Laurent Quintreau)
Le Blog de trebiv
07 septembre 2009
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L’impossible rencontre : sagesse, art et argent ( Mandalas de Laurent Quintreau)
Peut-on passer une vie,sa vie à rechercher l’argent, et le pouvoir sur les autres ? Peut-on transformer sa vie en une œuvre d’art destructrice ? Peut-on provoquer une vague de sagesse dans le monde ?
![]() Dans son roman Mandalas, Laurent Quintreau tente non pas de répondre à ses questions, mais plutôt de les suivre. En évitant d’incarner chaque question dans un personnage précis, il passe l’écueil du roman à thèse. Mandalas est construit autour de trois histoires parallèles. Celle de Marc Fulcanelli, homme d’affaires brillant qui après un accident et uncoma prolongé découvre une vie pleine de sagesse et de sérénité.Celle de Abraham Vorsky, artiste-performeur à la recherche d’une nouvelle avant-garde et qui doit résister à la tentation d’une carrière classique. Enfin, celle de Zangpö Rimpotché, maître bouddhiste, ou plutôt celle de ses disciples et de la mise en œuvre de ses principes après sa mort. C’est cette dernière histoire qui va peu à peu faire converger à la fois les autres histoires du roman et ses différents thèmes. En suivant les principes de Zangpö Rimpotché, une de ses disciples, Valérie Foulerot-Altamont, veut créer une performance artistique composée de douze parties. Chacune d'elle a pour but de provoquer une expérience mentale différente afin de développer l'utilisation de notre cerveau. Mandalas possède une grande vivacité romanesque grâce à sa structure en parallèle. Alors que tout semble séparer la recherche de la sagesse, l'art avant-gardiste et le monde de l'argent, le roman nous montre les apories de chacune de ses voies et leur entrelacement.Pourtant, c'est bien la sagesse qui encadre, littéralement parlant,le roman et les deux autres thèmes. Car c'est elle qui permet à l'argent et à l'art d'acquérir une mesure qui leur permet d'éviter le désastre. Par cette hiérarchie, ce roman rejoint la tripartition de l'âme décrite par La République de Platon entre raison, cœur et désir. La raison correspond à la sagesse, le cœur correspond à l'art ( par le courage que requiert l'avant-garde) et le désir à l'argent. Comme chez Platon, il ne s'agit donc pas de choisir une de ses voies, mais d'en trouver un subtil équilibre. Laurent Quintreau s'est risqué à une forme romanesque délicate à manier.Si la structure en parallèle permet de provoquer l'attente du lecteur, elle risque toujours de le décevoir énormément si la fin ne répond pas à cette attente. La fin de Mandalas, sans être bouleversante, est suffisamment inattendue pour laisser une sensation agréable au lecteur. Après avoir réellement vécu dans cette quête de ces trois idéaux que sont la sagesse, l'art et l'argent, il lui reste à méditer sur l'équilibre qu'il pourra trouver à son tour. Note : 4.5/5 Extrait du livre: Surmontant sa haine viscérale de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une croissance à deux chiffres, Abraham Vorsky était devenu l'un des six cents salariés de Partyworldwide. Avait-il vraiment le choix? Des dettes à rembourser, une mère en congé longue maladie, de multiples projets qui ne pouvaient se réaliser sans un minimum de financement. Bref, en attendant de « percer » dans le milieu de l'art contemporain, il fallait bien gagner sa croûte. Par ailleurs, le job en lui-même n'était pas dénué d'avantages.L'agence était l'une des multiples filiales qui composaient le groupe Tmsworldwide, lui-même chapeauté par le réseau mondial Tobecom. Mutuelle, treizième mois, plan épargne entreprise, il y avait même un comité d'entreprise pour les cadeaux de fin d'année et des délégués du personnel pour le défendre en cas de problème.Et par chance, l'agence se trouvait au cœur de Paris, à une vingtaine de minutes à pied. Ses collègues, pour la plupart des trentenaires diplômés en à peu près tout et n'importe quoi, qui, comme lui, avaient échoué là par hasard, le prirent immédiatement pour ce qu'il était d'un certain point de vue: un bon gars costaud, marrant et dur à la tâche. Il arrivait tôt sur les chantiers, s'occupait du montage des décors, résolvait les problèmes de branchements électriques,discutait le bout de gras autour de la machine à café, veillait au bon fonctionnement du tout. Les chantiers en question étaient dessalons ou des séminaires d'entreprises à monter et à démonter.Les trois premières semaines, il s'était mis dans la peau du bon travailleur, honnête et méritant. […] Tout cela aurait pu durer des années. Mais après quelques mois de bons et loyaux services chez Partyworldwide, son ambition première le tortura à nouveau. S'il continuait à travailler autant, comment allait-il assouvir ses fantasmes de réussite artistique planétaire? ( p.295-297) |

