L’exposition de Léa Crespi, accompagnée des pièces sonores et des créations de Loïc Blairon, présentera deux séries, l’une réalisée sur le territoire taurin du Cailar, en Petite Camargue, et l’autre dans une rizerie désaffectée de Port-Saint-Louis-du-Rhône.
La première ne donne pas à voir les paysages, le pittoresque réel ou de représentation, ni même l’image du taureau Camargue. Elle nous amène avec de grands formats vers ce que l’animal voit, entend, vers ce qui l’habite et le constitue. Il ne s’agit pas de la représentation d’espaces, mais de la matière de cette terre, à la fois sauvage, agricole et tout entière consacrée à cet animal célébré, nommé, per sonnifié, consommé aussi en AOC. L’herbe bruisse, les branchages et les clôtures craquent, et la vie est foisonnante dans les eaux du Vistre, la rivière qui traverse ces pâtures dans laquelle Loïc Blairon a plongé ses microphones.
Dans la seconde série, Léa Crespi s’implique depuis dix ans dans ce travail somptueux où, nue crâne rasé, dans des positions difficiles, tendues, elle pose ou plutôt s’inscrit dans des lieux délaissés dont la décrépitude, les formes, les objets abandonnés de la fonction passée, la mémoire s’imposent au spectateur.
Exposition du 10 septembre au 31 octobre 2010 à la chapelle saint-Laurent – Le Capitole - 21 rue Laurent Bonnemant, Arles
























