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Le Blog de zal gosse
16 janvier 2012
Revue Alibis, numéro 41.
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 La revue Québecoise Alibis propose chaque trimestre des nouvelles, des critiques, des articles de fond (un numéro en ligne, téléchargeable gratuitement, en donne une petite idée).  
Sœur jumelle de la revue Solaris, spécialisée pour sa part dans le fantastique, Alibis, comme son nom le laisse augurer, fait quant à elle dans le noir, le polar, en un mot comme en cent, le mystérieux. Ainsi, pour son numéro d'hiver 2012, le 41ième du nom, Alibis propose quelques nouvelles aux titres pour le moins évocateurs qu'il me tarde de lire :  
   
 Fictions  
   
 
La Colère d'Hämmerli, Richard Ste-Marie  
 
Le Choix de la direction, Denis Dallaire  
 
Les Parents préfèrent leurs enfants vivants, François Leblanc  
 
La Fiancée de Ted Bundy, Caroline Rouleau  
Saint-Valentin, Jean-Pierre Favard  
Un enlèvement de pros, Julien-Pier Boisvert  
Ted et sa collection, Claude Lalumière

Évidemment, je ne vous cache pas ma joie de faire partie de la sélection et d'avoir ainsi pu traverser l'Atlantique par texte interposé (en espérant qu'un jour ce soit sous ma forme physique que je pourrai y parvenir).  
Alors si un cousin du Québec (ou une cousine) passe par ce blog, qu'il sache que j'entame une invasion en règle de sa belle contrée et qu'il ou elle peut se procurer le dit recueil pour à peine 10$ de sa belle monnaie. Quant aux français, vous n'avez pas le choix, d'autant qu'ils prennent aussi les euros et que c'est ça où ils nous renvoient Céline Dion et son R'né par avion spécial.  
 
 Lien vers le site de la revue Alibis et plus particulièrement la page consacrée au numéro 41 :  
http://www.revue-alibis.com/numero/2012/41.htm
06 janvier 2012
Captifs de Terroma ? Jonas Lenn
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Qu’on se le dise, les enquêteurs de l’étrange, j’ai nommé les sieurs Coolter et Quincampoix, sont de retour sous la plume d'un Jonas Lenn toujours aussi bouillonnant et inventif.  
 
Abandonnés à leur triste sort à l’issue de leur haletante aventure " La spirale de Lug " (2005), John Coolter et Isidore Quincampoix font à nouveau parler la poudre (ou devrai-je plutôt dire les poudres) à l'aide des stratosphériques inventions du non moins légendaire et incontournable Institut d’Ethnocosmologie Appliquée de Dole (Jura).  
 
A bord d’un fabuleux engin (la Bollée Cénomane) capable de s’élever dans les airs grâce à une plaque gravée de signes ésotérico-cabbalistico-druidiques, nos intrépides héros de papier voyagent non seulement dans l’espace et le temps mais également, et peut-être même surtout, dans les dimensions. Et ils ne sont pas les seuls à se déplacer ainsi. La momie, découverte dans " La spirale de Lug " sous le vieux Mans, fait à nouveau parler d’elle. Les géants sont déchaînés quant au tabac, en un mot comme en cent, il a la fâcheuse tendance à sentir le clou de girofle lorsqu'il provient d'Indonésie. On apprend au fil de ces pages nombre de préceptes étranges et d’incantations rares. Ainsi, saviez-vous que le Kombucha, boisson dotée de vertues pharmacologiques résultant de l'association symbiotique de saccharomyces, d'acétobacters et de mycoderma vini plongée dans une solution nutritive peut se marier fort agréablement aux Cognac les plus anciens (ce qui nous permet de découvrir, au passage et non sans un certain effroi, l’origine inavouable des bouteilles entassées et ô combien choyées dans les caves du célèbre Institut).  
Bref, vous l'aurez compris, de l’aventure avec un grand A, du dépaysement avec un grand D et surtout, surtout de la lecture avec un grand pied.  
 
Extrait :  
 
Dans les entrailles de la terre franc-comtoise, la Cénomane Spéciale ronronnait comme le chat d’Épicure. Le moteur à quatre temps, découplé du système de transmission, recyclait son énergie mécanique en électricité destinée à l'éclairage ainsi qu'à la radio qui, à cette profondeur, cherchait en vain à capter la moindre onde hertzienne. Selon toute logique, Léon Bollée s'était vu confié le pilotage. Le Manceau, guidé par la signalétique rupestre aux couleurs de l'I.E.A., maintenait une trajectoire qui égrenait une succession de cavernes, tels les grains d'un chapelet cthonien. Parfois, le véhicule franchissait des boyaux resserrés où la lumières des phares se condensait brutalement avant d'éclore à nouveau dans le vide de vastes salles et d'éclabousser de clarté les productions néo-baroques d'un Gaudi cavernicole ; par moments, il côtoyait une rivière souterraine qui se perdait bientôt dans une fissure, aussi brusquement qu'elle était apparue.    
 
Titre : Captifs de Terroma ?  
Auteur : Jonas Lenn  
Éditions la Clef d'Argent, 138 pages agrémentées d'illustrations de Sylvain Chevalier en parfaite adéquation avec l'atmosphère décrite dans le récit... et quand on songe que tout cela ne coûte que 9 € on se dit qu'il serait bien sot de ne point en profiter ! (surtout en ces temps de crise et de fin du monde programmée).  
 
Un conseil toutefois aux lecteurs les plus étourdis d’entre vous, n'oubliez surtout pas de vous procurer au préalable et à toutes fins utiles " La spirale de Lug " (pour ceux d'entre vous qui, j'ose à peine l'imaginer, ne l'auraient pas déjà chez eux). Même auteur, même éditeur et, diables de bonshommes, même prix aussi ! (et même illustrateur, si ça c’est pas de la cohérence de collection !)  
 
" Captifs de Terroma ? " sur le site des éditions la Clef d'Argent (les premières pages y sont disponibles en téléchargement libre et gratuit) :
http://clefargent.free.fr/terroma.php  
 
" La spirale de Lug " (même lieu, mêmes remarques) :
http://clefargent.free.fr/spirlug.php  
20 décembre 2011
Fargo Rock City, de Chuck Klosterman
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Alors là, disons-le tout de go, voici un livre indispensable. Mais seulement pour une frange bien particulière de la population. Autant dire, pour ceux qui, comme moi (et l’auteur) étaient ados dans les années 80, écoutaient du heavy metal et vivaient en milieu rural (je sais, ça limite). Bien sûr, les autres peuvent lire aussi ce livre mais je ne suis pas certain que ça leur parlera autant (prenez le pour une bonne étude sociologique (ce qu’il est par ailleurs) et un guide de voyage dans un pan culturel dont vous ne soupçonniez pas l’importance (malheureux que vous êtes)). De là à affirmer qu’un livre doit forcément "parler" à ses lecteurs pour être qualifié d’indispensable, il y a un fossé, que dis-je un fossé, un gouffre, que je n’oserai franchir de peur de m’y vautrer lamentablement. Toujours est-il que je l’ai lu avec mes yeux, et mon vécu et que ce dernier étant ce qu’il est, ce livre m’a parlé (c’est une image). Fin de l’auto-analyse.  
Encore que.  
 
De quoi est-il donc question ? Le sous-titre du dit bouquin devrait vous en apprendre plus (et vous faire comprendre le sens profond de l’introduction ci-avant) : "Confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale". Voilà, c’est dit, on ne reviendra pas là-dessus. Si sa zone rurale à lui était le nord Dakota, la mienne fut le nord Nivernais. Et cette différence là me pousse à réclamer un droit de réponse (qui demeurera sans réponse, car je serai fort étonné que ce monsieur aboutisse ici, prenne la peine de faire traduire ceci et se lance à son tour dans un droit de réponse qui en appellera un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que mort s’en suive). Bref, Chuck Klosterman (par ailleurs critique rock et écrivain américain) a grandi dans une ferme (ce n’est pas mon cas) en écoutant du glam metal (en particulier Mötley Crüe mais pas que (ce qui fut mon cas itout)), du hard rock, du heavy metal et, de façon générale, tout ce qui se termine par metal, porte des cheveux longs et des tenues en cuir ridicules. Il a donc souffert d’être une sorte d’extraterrestre aux yeux de ses petits camarades (exception faite de ceux qui, comme lui, on grandit en écoutant du glam metal (en particulier Mötley Crüe mais pas que), du hard rock, du heavy metal et, de façon générale, tout ce qui se termine par metal, porte des cheveux longs et des tenues en cuir ridicules.  
 
Sous un aspect bon enfant (et parfois très drôle, il faut bien le reconnaître) Chuck (vous permettez que je vous appelle Chuck n’est-ce pas ?) disserte sur la différence, capitale, entre ce qui est hard et ce qui est heavy, sur l’importance de la laque à cheveux dans le développement d’une culture underground essentiellement Californienne et le fait qu’Ozzy Osbourne ne soit pas le Satanique que l’on croit (contrairement à Jimmy Page, là dessus, tout le monde est d’accord je pense). Il en profite au passage pour dézinguer le soi-disant satanisme de cette musique (une franche rigolade, le hard rocker ne se prenant que rarement au sérieux, ce que ses détracteurs ont souvent tendance à ignorer) et analyse, fort intelligemment, le phénomène Marilyn Manson (signalant au passage qu’il l’a interviewé deux fois ce qui n’est pas mon cas, je tiens à le souligner). Là où, en revanche, je m’insurge et me révolte, c’est sur son interprétation toute américaine de la chose. En effet, il semble évident qu’il porte plus de crédits à des groupes comme Poison ou Kiss qu’à Iron Maiden (je cite, page 153, "Iron Maiden était à mon avis le plus drôle de tous les groupes de metal"… venant de la part d’un fan de Mötley Crüe, je trouve ça un rien EXAGERE). Et je ne parle même pas de ses remarques désobligeantes sur Metallica, je risquerai de m'énerver... venant de la part d'un fan de Ratt et Van Halen, je trouve ça un rien PRETENTIEUX.  
 
Mais je ne lui en veux pas car il faut bien le reconnaître, ce livre-là apporte une lumière intéressante ET importante sur un mouvement musical souvent décrié, encore plus souvent moqué et qui, pourtant, a construit nombre de gamins qui ont aujourd’hui grandis et qui, comme Chuck et moi (on n’est pas fâchés hein ?) n’ont rien de ces débiles hirsutes tout juste bons à ânonner de vagues consonnes en remuant la tête tel le chien en plastique posé sur la plage arrière de la voiture familiale de n’importe quel adorateur de Richard Clayderman qui se respecte (et quand je dis Richard Clayderman, c’est pour ne pas choquer les fans de Céline Dion évidemment).  
 
Extrait :  
 
" D’après une légende populaire – que personne n’a jamais crue – trois des quatre Led Zep auraient signé un pacte avec le Diable en échange du statut de superstars. L’histoire prétend que John Paul Johns est le seul a avoir refusé de signer, ce qui explique qu’il ait toujours été le moins connu des quatre, et aujourd’hui des trois survivants. Mais c’est aussi le seul à n’avoir jamais été touché par le mal (John Bonham s’est étouffé dans son propre vomi, Robert Plant a perdu son fils Karac dans des circonstances tragiques, et Page a finit par collaborer avec David Coverdale)."  
 
   
 Titre : Fargo Rock City. Confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale.  
Auteur : Chuck Klosterman  
Editions : Rivages Rouge  
288 pages, 20 €  
 
http://www.payot-rivages.net/livre_Fargo-Rock-City-Chuck-Klosterman_ean13_9782743622817.html
10 décembre 2011
Autopromotion de Noël.
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 Au cas où vous passeriez par là à ce moment-là...
27 novembre 2011
L'attaque des dauphins tueurs, Julien Campredon.
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Les auteurs de nouvelles qui nous offrent des recueils où rien n'est à jeter sont rares. J'ai cité ici-même Franck Ferric et son « Marches nocturnes » (réédité chez Lokomodo en début d'année), je cite à présent Julien Campredon et son « L'attaque des dauphins tueurs » récemment sorti chez Monsieur Toussaint Louverture (éditeur qu'il faut absolument connaître si ce n'est déjà fait). Certes, les deux ne boxent pas dans la même catégorie mais pourquoi faudrait-il toujours se contenter d'un seul et même adversaire ? Car si Franck Ferric navigue plutôt le long des côtes fantastiques, Julien Campredon, lui, est ouvertement en plongée en apnée dans le grand n'importe quoi. Enfin, pas tant que ça. Car sous ce vernis de franche déconnade, il y a du fond, de la réflexion, que dis-je de la réflexion, de la dénonciation et plus que tout, de la vraie qualité littéraire. Cinq nouvelles, donc, courtes, certes, pour un recueil lui même assez court (trop, évidemment). Mais pourquoi faudrait-il toujours faire long ? Le débat a au moins le mérite d'être relancé.  
 
Une fois n'est pas coutume, je vais tout d'abord m'appesantir sur l'objet livre en lui même. On le sait (ou, je le répète, on devrait le savoir), Monsieur Toussaint Louverture, éditeur basé à Toulouse, aime la belle ouvrage. Couverture soignée, papier épais, riche voire bourgeois, gaufrage et fioritures ornementales ne lui font pas peur (attention, quand je dis « bourgeois » et « fioritures » cela n'a rien de péjoratif, je dirais plutôt de gourmand et de délicat). Ici, la couverture a été particulièrement soignée avec un bandeau en couleurs qui, une fois enlevé, révèle l'envers de l'endroit. Une sorte de mise à nu. Et c'est beau.  
 
 Quant au contenu... il faut savoir que ce recueil est le second publié par Julien Campredon chez Monsieur Toussaint Louverture après le déjà fort remarqué et non moins distrayant « Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes » (si c'est pas du titre ça) dont la nouvelle éponyme voyait une bande de punks bourrés à la bière attaquer un musée lui même défendu à l'arme lourde par une poignée de vaillants vigiles (dont le narrateur) ce qui donne une (petite) idée du genre d'hurluberlu auquel nous avons affaire.  
 
 Mais ne brûlons pas les étapes à l'instar des punks.  
 
 La nouvelle qui ouvre ce recueil s'intitule « Diablerie diabolique au clubhouse » et met en scène un brave urologue bien décidé à faire des progrès au golf et prêt à tout pour cela (même à puer du bec... ou à perdre la mémoire). La seconde nouvelle (ma préférée), « la vengeance du livre Uruguayen » narre les mésaventure d'un brave gars se portant acquéreur pour des raisons strictement immobilières d'un livre intitulé « Aménagement intérieur en Uruguay pour grand-mères buvant le maté froid » d'un dénommé Alfredo Lopez Deodegracia dont la particularité est, qu'une fois infusé, il donne naissance à quatre cent vingt-trois volumes cartonnés avec dos en cuir... oui, je sais, ça peut faire peur dit comme ça mais ce n'est rien car viennent ensuite « La coulée de béton infernale » (ma préférée) dont sera extrait l'extrait reproduit ci-dessous, « l'attaque des dauphins tueurs » (ma préférée) qui, comme son titre l'indique, voit de gentils dauphins attaquer de pauvres humains déjà durement frappés par le destin (le garçon se prénomme Jean-Kevin, c'est dire) ou encore « M., M. M., D. & M. » (de loin ma préférée) que l'on peut traduire par « Michel, mon Maori, Dieu et Moi » et où il est question, notamment, d'anthropophagie et de vengeance familiale sur plusieurs générations (mais pas seulement).  
 
 Je n'aurais donc qu'un seul conseil à vous donner en ces veilles de fêtes : investissez dans ce petit bouquin-là. Si ce n'est pour l'offrir, tout au moins pour le lire.  
 
 Sur ce, un extrait :  
 
 « La plaque que je venais de poser luisait au froid soleil d'Avril : A. FAYDIT SORCIER-EXORCISTE. Titulaire d'un double doctorat, et après trois ans de bénévolat au service de mandarins aux coronaires doublement pontés, je me suis résigné. Né jeune dans un monde âgé, j'aurai dû accepter de tenir mon rang tête baissée, mais tant qu'à jeter mon amour propre aux orties, j'ai préféré le faire avec ce panache qui caractérise les damnés de toutes les époques et, abandonnant les rivages de mes connaissances, je suis allé cherché l'emploi là où il se trouvait. Et mes rêves ? Eh bien, les rêves, c'est la nuit, quand on dort. »  
 
Titre : « L'attaque des dauphins tueurs ».  
 Auteur : Julien Campredon  
 Editions : Monsieur Toussaint Louverture ( 128 pages, 14 euros)  
 
 Sur le site de l'éditeur :
 http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/Livres/Brulonstouscespunks/Dauphins/Attaquedesdauphinstueurs.html
21 novembre 2011
L'appât, de José Carlos Somoza.
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Autant vous le dire d'entrée de jeu, voilà un roman d'une rare efficacité. Sous le couvert d'un polar jouant sur une habile uchronie (l'action se déroule en Espagne dans les années suivant un attentat nucléaire terroriste (ou plutôt un accident nucléaire terroriste, la bombe ayant explosé avant d'avoir été placée là où elle devait faire le plus de victimes)) les forces de police ont affaire à un redoutable tueur en série (le Spectateur). Sachant que le Renard et l'Empoisonneur, eux aussi, ont ou continuent de frapper dans l'ombre... Bref, on l'aura compris, ils ont fort à faire. Afin de tenter de piéger ce monstre (car c'en est un, au sens strict du terme, ne nous voilons pas la face), une « armée » d'appâts sur-entraînés est chargée de se faire piéger. Et c'est là que l'histoire prend tout son sens.  
Qui sont ces appâts ? De jeunes personnes (on suit essentiellement des femmes mais il peut aussi s'agir d'hommes) d'une petite vingtaine d'années, généralement durement touchés durant leur enfance et ayant pour point commun d'être sans famille. Leur travail consiste à servir d'appât (donc). Et comme cela concerne des sadiques, à leur plaire, à les séduire. A se faire choisir comme victime en lieu et place d'innocents non préparés. Pour ce faire, ils développent des techniques susceptibles de plaire à leurs cibles. Vous l'aurez compris, une part très importante de ce livre est consacrée à l'analyse de la psychologie, notamment par la définition de « caractéristiques » psychologiques et de grandes catégories. Des termes comme psynomes et philia y sont employés. Le tout sur fond d’œuvres de Shakespeare (car, comme chacun le sait, Shakespeare a décrit dans ses pièces tous les genres humains et que de s'y référer permet de mieux les comprendre et les mettre en scène). Je sais, ça peut paraître un rien compliqué dit comme ça mais ça ne l'est pas. En revanche, c'est assez (pour ne pas dire « complètement ») malsain. L'aspect psychologique est remarquablement développé. Et on s'aperçoit que les pauvres appâts n'ont pas maille à partir qu'avec les sadiques auxquels ils donnent la chasse... Leur passé, leurs supérieurs, tout cela vient les torturer, les hanter...  
 
Un roman noir, à la fois fascinant et repoussant, exigeant et, ce qui ne gâche rien, diablement bien écrit. Bref, ce que je n'hésite pas à nommer « un incontournable » (à ne pas mettre entre toutes les mains cependant).  
 
Extrait :  
 
« J'éprouvais de la rage et du mépris envers moi-même. Je savais que Gens voulait se droguer avec moi. Qu'un entraîneur utilise un éphèbe pour son propre plaisir était une chose perverse, aberrante. Bien sûr, cela pouvait arriver, même si je ne connaissais aucun appât qui accepte de bon gré une telle humiliation. Mais je pensai que, si je l'accrochais, je pourrais obtenir l'information que je voulais, même s'il refusait de me la donner. Si Gens voulait jouer à la déloyale, j'allais lui rendre coup pour coup. »  
 
Titre : L'appât.  
Auteur : José Carlos Somoza (Esp.)  
Editions : Actes Sud (408 pages, 23 euro)
15 novembre 2011
Perles noires, de Adam Possamaï
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Les éditions Lokomodo se sont faites une spécialité de ressortir des romans ou recueils de nouvelles parus chez de petits éditeurs, le plus souvent disparus (Nuit d'Avril notamment). Après le recueil de Franck Ferric, « Marches nocturnes », dont j'ai dit le plus grand bien ici même, ma nouvelle acquisition concerne le recueil « Perles noires » qui vient tout juste de paraître. Pourquoi celui-ci plutôt qu'un autre ? Sans doute à cause de la couverture, fort inspirée, signée Jimmy Kerast (que les lecteurs de Freaks Corp. connaissent bien, il y avait notamment illustré une de mes nouvelles, « Incident de parcours », dans le n° 4).  
 
Cette fois, autant ne pas vous le cacher, mon avis est partagé. De bonnes choses (voire de très bonnes) voisinent en effet avec d'autres moins... comment dire ?  
La nouvelle ouvrant le recueil, « Des poils et des balles » annonçait pourtant bien la couleur. Un humour salvateur, décalé, une bonne histoire rondement menée, une chute comme je les aime (on songe à Indiana Jones, une fois que vous l'aurez lue, vous comprendrez pourquoi). Et puis les trois suivantes sont arrivées. Non qu'elles soient mauvaises, disons plutôt qu'elles démarraient bien, sur de très bonnes idées même (« Antarctique » notamment) mais que leur déroulement et surtout leur conclusion m'ont passablement déçu (pour ne pas dire plus). Heureusement, « Alice au pays des sèches » est arrivée et tout de suite la magie, à nouveau, a opéré. Cette histoire de pédophile puni par là où il a péché est bien trouvée sans pour autant sombrer dans un scabreux qui aurait été de fort mauvais goût compte tenu du sujet. Un vrai tour de force relevé avec talent.  
Autre bonne idée développée dans ce recueil, certains personnages, principaux dans une nouvelle, se retrouvent, secondaires, dans d'autres. Une construction habile qui donne de la cohérence à l'ensemble.  
 
Un recueil en dents de scie donc, alternant le bon et le moins bon (à mon goût et je ne prétends aucunement détenir la vérité, on est bien d'accords là-dessus) mais toujours se basant sur d'excellentes idées (d'où certaines de mes « déceptions » quant, au final, j'ai constaté qu'elles n'étaient pas (ou pas complètement) exploitées). Quoi qu'il en soit un ouvrage intéressant et différent qui ne déparera pas dans le rayonnage de votre bibliothèque consacré aux littératures de l'imaginaire. Et rien que pour ça...  
 
Titre : Perles noires.  
Auteur : Adam Possamaï  
Editions Lokomodo (289 pages, 12 nouvelles, 7,50 euros).
01 novembre 2011
Salon Fantastique de Crêches-sur-Saône (71)
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Si jamais vous avez prévu de croiser au sud de la Bourgogne le week-end prochain, rendez-vous à Crêche-sur-Saône (sud de Mâcon).
 
Auteurs (ados/adultes), ainsi que leurs nouveautés  
 
Adeline Neetesonne : « Eléments »  
Alexandra Marcus : « La terre des dieux : le pacte divin »  
Anne Martinez : « Estaban et le secret de la pierre de lune »  
Aria Elun : « Heïmar »  
Cécile Guillot : « A l’ombre des pleurs »  
Céline Guillaume : « Le ballet des âmes »  
Céline Thibaut : « La vie que je choisi »  
Charles Berrote : « La saga de l’empereur du Sneafell »  
Danièle Martinigole : « 15 voyages extraordinaires »  
Enigmael Dragoriane : « Dragoria »  
Elodie Morgen : «Eva Miller, De l'autre côté»  
Evelina Simon : « Les Alastars » T2  
Fabienne Marchand : « Le dernier chevalier d’Eldraho »  
Frédéric Jost : « L’œil était dans la garrigue » (collection détéctivarium)  
Georgia Caldera : « Les larmes rouges »  
Jean-Pierre Favard : « Sex, drugs & Rock’n’Dole »
José Raymond : « Une ombre plus noire que la nuit »  
Joseph Ouaknine : « Le voleur de lumière » (collection détéctivarium)  
Julien Roturier : nouvelliste
Krystine Saint Thomas : « L’envol du Mogaï »  
Laurent Genefort : « Le sang des Immortels »  
Lil Esuria : « Le meurtre des nuages »  
Ludwig Luton : « L’ombre de Pesadilla »
Marie Ange Pigot : « Un soupir de Lumière» , recueil de nouvelles  
Marie Pavlenko : « Le livre de saskia » (dimanche après-midi uniquement)  
Mathieu Guibé : « Germ In Essence », recueil de nouvelles  
Mestr Tom : « Orobolan, l'intégrale », il présentera aussi l’anthologie « Hommage à Sir Terrence » de l’association « Fan 2 Fantasy»  
Michael Dor "La porte des Anges" (tétralogie)  
Nourredine Séoudi : « Sîn, les gardiens de l’arbre » T.2  
P.A. Francioso : « Sans limite »  
Phoebe : « Alamane »  
Simon Oeriu : « Un déluge infini »  
Tiffany Schneulwy : « Entre deux feux, les chuchoteurs » et « Entre deux feux, l’équilibre » (dimanche uniquement)  
Thomas Geha : « Le sabre de sang » T2  
Y.C.Moser : « Le cercle des XIII, rébellion au pays des vampires » (dimanche uniquement)  
Xavier Bascour : « Diversion»  
 
Illustrateurs :  
Jérémie Fleury  
Okiko  
Senyphine  
Zao  
 
Scénariste BD :  
Bénédicte Repain : adaptation BD de "La porte des Anges"  
 
Editeurs /associations :  
 
Editions du Bout de la Rue Editions Critic Editions du Faucon Rouge  
Editions La Porte Littéraire  
Les Netscripteurs Groupe "Lokomodo / Asgard / Lucioles"  
Association Sélénor : Avec Romain Billot : rédacteur en chef de la revue de l’étrange et de l’imaginaire Freaks Corp
28 octobre 2011
Autocélébration, suite. La revue de presse.
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23 octobre 2011
Prix de l'amicale de la presse jurassienne 2011.
Une fois n'est pas coutume... enfin non, ou plutôt si... oui, je sais, il suffit de faire jouer son doigt sur la molette de la souris pour s'apercevoir que pas tant que ça en vérité mais bon, oh et puis zut, c'est mon blog et je fais ce que je veux. Et comme disait Pierre Desproges, pouf pouf.  
 Pouf pouf.  
 Une fois n'est pas coutume, disais-je avant d'être aussi fort peu courtoisement interrompu (ceux qui se sentent visés comprendront pour les autres eh bien, tant pis), je vais m'autocélébrer. Car si je ne m'autocélébre pas qui le fera ? Et comme le sous-entend je ne sais plus quel proverbe antique, toute bonne autocélébration doit commencer par soi-même. Donc et dans une parfaite logique, je m'autocélébre. Mais je ne m'autocélébre pas comme ça non plus. Juste pour le plaisir de m'autocélébrer (vous dites si je deviens trop lourd), je m'autocélébre car j'ai de bonnes raisons de m'autocélébrer. Enfin disons plutôt une bonne raison de m'autocélébrer, ce qui n'est déjà pas si mal que ça, en termes d'autocélébration. Car combien sont-ils, les autocélébreurs qui se sont autocélébrés sans raison valable ? Hein ? Je vous le demande. Alors que moi, quand je m'autocélébre, c'est que... OK, vous avez raison, là, je deviens vraiment lourd. Pardon.  
 Pouf pouf.  
 Une fois n'est pas coutume, je vais m'autocélébrer. Et pourquoi cela ? Tout simplement parce que l'amicale de la presse Jurassienne, qui, comme son nom l'indique regroupe les représentants émérites d'une presse à rayonnement départemental voire régional (et non moins honorable qu'une presse à vocation nationale) ont, dans leur mansuétude légendaire (et leur bon goût affiché) décidé d'attribuer leur prix « Coup de cœur » 2011 à... allez, un petit effort... Meuh non, cherchez mieux... Oui, j'entends une bonne réponse, là-bas, dans le fond. Allez-y, levez-vous, n'ayez pas peur et surtout n'hésitez pas à le crier : « SEX, DRUGS & ROCK'N'DOLE ! » OUI, VOUS AVEZ RAISON ! (bon, Ok, j'arrête de crier). Reprenons. Pouf pouf. Une fois n'est pas coutume, je vais m'autocélébrer. Et pourquoi cela ? Tout simplement parce que l'amicale de la presse Jurassienne a décidé d'attribuer son prix « Coup de coeur » 2011 à « Sex, drugs & Rock'n'Dole », mon roman sorti aux éditions la Clef d'Argent.  
 
 Et voici, en avant première MONDIALE à quoi ça ressemble, mon roman avec un bandeau de prix littéraire... (je vous autorise à applaudir voire vous découvrir pour les messieurs qui portent le chapeau). Et moi, eh bien je crois que je vais aller me coucher car toutes ces émotions m'ont anéanti.
   
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Chouette non ?
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