Shane Stevens. De lui, on ne sait pratiquement rien. Il a publié cinq livres entre 1966 et 1981 et puis il a disparu. Est-il mort ? Vivant ? S’agit-il du pseudonyme d’un autre écrivain ? Si oui lequel ? A-t-il changé de pseudonyme ? Pour prendre lequel ? Ecrit-il sous sa véritable identité ?Laquelle ?De Shane Stevens on ne sait pratiquement rien et ça, ça fait beaucoup pour sa légende. Mais existe-t-il une légende Shane Stevens pour autant ?Eh bien oui, car au-delà de son seul auteur, ce livre (car, au final, c’est tout de même de lui dont je vais parler), a mis 30 ans à nous parvenir. Entre sa sortie américaine et sa traduction française. Certains n’hésitent pas à parler de malédiction. Mais tout cela ne nous dit pas de quoi il est question. Ainsi appâté, on est en effet en droit de se le demander. Eh bien il s’agit tout bonnement d’une bonne vieille histoire de serial-killer (qui, soit dit en passant, passe son temps à disparaître et à changer de nom… moi, je dis ça, je dis rien). Un serial killer ? Encore ? me demanderez-vous. Avant d’ajouter, la voix pleine de récrimination, mais on a déjà eu James Ellroy (dont on sait « l’attachement personnel » pour ce genre de sujet), Thomas Harris avec son célébrissime « Silence des agneaux » etc. ça n’a rien de neuf tout ça…Oui, vous rétorquerai-je, tout autant amusé que peiné, mais celui-ci, à défaut d’être original (du moins pour le lecteur d’aujourd’hui) reste LE livre de serial killer qui a engendré tous les autres. La référence citée par Thomas Harris en personne. Recommandé par Stephen King et James Ellroy, précisément. La pierre, si ce n’est angulaire, tout du moins première de l’édifice. Souvenez-vous (on voit bien que vous ne suivez pas) il est sorti en 1979. Soit bien avant les Se7en, Copycat et consorts… Et le voilà bien son principal défaut. Avoir été le premier et venir après tous les autres. Car au-delà de l’anecdote, ce bouquin est formidable. Bien sûr, il reprend tous les poncifs du genre mais en fait, il ne les reprend pas, non, il les invente ! Et la plongée, croyez-moi, est abyssale. Il y a un tueur, bien sûr. Machiavélique au possible, évidemment torturé, forcément sadique (fallait s’y attendre). Mais il y a aussi tous ceux qui gravitent autour de lui. Je dis « aussi », je devrai plutôt dire « surtout ». Car la force de ce livre tient justement là. Dans les nombreux allers-retours entre les différents personnages qui émaillent cette intrigue tirée au cordeau. Le politicien arriviste qui se sert du tueur en série afin de gravir les échelons du pouvoir. Le journaliste d’investigation qui mène sa propre enquête. La police, qui a sa petite idée sur la question. Les sbires de la Maison Blanche qui s’en mêlent. Les anciens truands qui sortent de l’ombre. Il ne manque rien. Et tout cela éclairé (ou obscurci, c’est au choix) par un style clair, simple et limpide. Pas de grandes envolées lyriques. Les faits, seulement les faits. Un bon bouquin donc.Et rien que pour ça... « Au-delà du mal » de Shane Stevens. Editions Sonatine. 759 pages. 23.00 €.
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Le Blog de zal gosse
11 septembre 2009
Au-delà du mal. Shane Stevens.
Shane Stevens. De lui, on ne sait pratiquement rien. Il a publié cinq livres entre 1966 et 1981 et puis il a disparu. Est-il mort ? Vivant ? S’agit-il du pseudonyme d’un autre écrivain ? Si oui lequel ? A-t-il changé de pseudonyme ? Pour prendre lequel ? Ecrit-il sous sa véritable identité ?Laquelle ?De Shane Stevens on ne sait pratiquement rien et ça, ça fait beaucoup pour sa légende. Mais existe-t-il une légende Shane Stevens pour autant ?Eh bien oui, car au-delà de son seul auteur, ce livre (car, au final, c’est tout de même de lui dont je vais parler), a mis 30 ans à nous parvenir. Entre sa sortie américaine et sa traduction française. Certains n’hésitent pas à parler de malédiction. Mais tout cela ne nous dit pas de quoi il est question. Ainsi appâté, on est en effet en droit de se le demander. Eh bien il s’agit tout bonnement d’une bonne vieille histoire de serial-killer (qui, soit dit en passant, passe son temps à disparaître et à changer de nom… moi, je dis ça, je dis rien). Un serial killer ? Encore ? me demanderez-vous. Avant d’ajouter, la voix pleine de récrimination, mais on a déjà eu James Ellroy (dont on sait « l’attachement personnel » pour ce genre de sujet), Thomas Harris avec son célébrissime « Silence des agneaux » etc. ça n’a rien de neuf tout ça…Oui, vous rétorquerai-je, tout autant amusé que peiné, mais celui-ci, à défaut d’être original (du moins pour le lecteur d’aujourd’hui) reste LE livre de serial killer qui a engendré tous les autres. La référence citée par Thomas Harris en personne. Recommandé par Stephen King et James Ellroy, précisément. La pierre, si ce n’est angulaire, tout du moins première de l’édifice. Souvenez-vous (on voit bien que vous ne suivez pas) il est sorti en 1979. Soit bien avant les Se7en, Copycat et consorts… Et le voilà bien son principal défaut. Avoir été le premier et venir après tous les autres. Car au-delà de l’anecdote, ce bouquin est formidable. Bien sûr, il reprend tous les poncifs du genre mais en fait, il ne les reprend pas, non, il les invente ! Et la plongée, croyez-moi, est abyssale. Il y a un tueur, bien sûr. Machiavélique au possible, évidemment torturé, forcément sadique (fallait s’y attendre). Mais il y a aussi tous ceux qui gravitent autour de lui. Je dis « aussi », je devrai plutôt dire « surtout ». Car la force de ce livre tient justement là. Dans les nombreux allers-retours entre les différents personnages qui émaillent cette intrigue tirée au cordeau. Le politicien arriviste qui se sert du tueur en série afin de gravir les échelons du pouvoir. Le journaliste d’investigation qui mène sa propre enquête. La police, qui a sa petite idée sur la question. Les sbires de la Maison Blanche qui s’en mêlent. Les anciens truands qui sortent de l’ombre. Il ne manque rien. Et tout cela éclairé (ou obscurci, c’est au choix) par un style clair, simple et limpide. Pas de grandes envolées lyriques. Les faits, seulement les faits. Un bon bouquin donc.Et rien que pour ça... « Au-delà du mal » de Shane Stevens. Editions Sonatine. 759 pages. 23.00 €.
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